ÉVÉNEMENTS MAJEURS DU XVIIÈME SIÈCLE



LES GUERRES


Si la première moitié du siècle est occupée par la seule Guerre de Trente ans (1618-1648), la seconde est jalonnée de nombreuses guerres territoriales mais aussi en bonne partie maritimes. Elles sont souvent la suite des unes des autres quand elles ne sont pas imbriquées. Avec des changements d’alliances rapides, d’une année l’autre, au gré des circonstances dans l’intérêt bien partagé que chaque partie se doit à elle-même.

 La Guerre de Trente Ans

Les historiens divise cette guerre en quatre périodes :

- La période bohémienne et palatine (1618-1625)

- La période danoise (1625-1629)

- La période suédoise (1630-1635)

- La période française (1635-1648)

La Guerre de Trente Ans débute en 1618 et s’achève en 1648 par les Traités de Westphalie. Les protestants de Bohême menés par les nobles se révoltent contre leur nouveau roi catholique, monté sur le trône en 1617, Ferdinand II. En 1618, a lieu au château de Prague la Seconde défenestration de Prague[1], notamment celle du chancelier Slavata et des hauts représentants du roi Ferdinand. En 1619, Ferdinand reçoit la couronne impériale. Aussitôt, à la Diète de Prague, capitale de la Bohême, les protestants prennent pour roi le comte luthérien, Frédéric V, Électeur Palatin qui gouverne alors l’Électorat Palatinat (actuel Lander du Rhénanie-Palatinat).


 De premiers combats semblent donner la victoire au Bohémiens. Maximilien 1er de Bavière, chef de la Ligue des Princes Catholiques écrase la révolte à la Bataille de la Montagne Blanche en 1620. La Bohême devient entièrement possession de l’empire. Frédéric V déchu de la charge de Grand Électeur mourra en exil. Ses terres deviennent en 1623 possession de Maximilien II, Duc de Bavière. Un nouveau Palatinat-du-Rhin sera recréé au Traité de Westphalie.


Le conflit va devenir international. Les protestants obtiennent l’aide du roi Luthérien Christian IV de Danemark qui s’allient aux Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels) mennonites anabaptistes (et non pas calvinistes), depuis la réforme de Menno Simons. Les dix Provinces-Unies sont d’anciennes provinces espagnoles dont l’autonomie de fait remonte à 1581 par la victoire de Guillaume 1er d’Orange-Nassau (†1584). Le Traité de Westphalie (Paix de Münster) entérinera cette souveraineté. L’Angleterre s’allie à leur cause contre le roi d'Espagne Philippe IV, un Habsbourg qui veut profiter de la situation pour tenter de reprendre les Provinces-Unies. Les troupes impériales menées par un grand chef de guerre, le condottiere Albert von Wallenstein, qui mourra assassiné en 1634 pour haute trahison, pénètrent dans le Jutland après une série de victoire contre Danois et Allemands. Pour sauver son royaume, Christian IV de Danemark est contraint de signer la Paix de Lübeck qui l’écarte de toute velléités d’intervention.

Le roi de Suède Gustave II-Adolphe dit Le Lion D’Or, un des plus grands stratèges européens, passe à l’offensive pour prévenir les intentions de conquête de l’empereur. Ses troupes débarquent en Poméranie, et écrasent celles  de la Ligue Catholique en1631. Ses troupes  conquièrent la Bavière et la Rhénanie et font de Francfort leur quartier général. Gustave-Adolphe a été aidé dans son entreprise par Louis XIII. Face aux victoires des Habsbourg d’Autriche et de l’Espagne, la France craint une reviviscence de l’empire de Charles-Quint. Elle s’engage à financer l’armée suédoise à raison de 400.000 écus par an jusqu’à la fin du conflit. En échange, la Suède envoie 6.000 chevaliers et 30.000 fantassins se battre en Allemagne.

Mais au cours de la Bataille de Lützen, près de Leipzig, en 1632, que les protestants remportent, Gustave -Adolphe est tué. A la Bataille de Nördlingen (Bavière) en 1634, les troupes impériales et espagnoles défont les Suédois qui pourtant vont continuer le combat jusqu’à la fin de la guerre.


Cette défaite pousse la France a entrer officiellement en guerre en 1635 pour soutenir les protestants et pour prévenir l'encerclement du royaume par les possessions des Habsbourg (Nord et Sud). Des combats difficiles pour les Français qui doivent faire face à plusieurs fronts des impériaux et des espagnols, se déroulent en Bourgogne, Franche-Comté, Italie du Nord, Normandie et aux Pays Basque. Le futur Ferdinand III repousse définitivement les Suédois. En France, la gouvernance est passée de Richelieu à Mazarin en 1641 et Henri de La Tour d'Auvergne, Maréchal de Turenne (†1675) donne à la France ses plus belles victoires : prise de la forteresse de Vieux-Brisach, conquête du Roussillon, décisive Victoire de Zusmarshausen en 1648 qui mènera à la cessation des combats. Les victoires de Louis II Bourbon Condé[2], notamment celle remportée à la Bataille de Rocroi en 1643 où il défait les tercios espagnols (les tiers : arquebusiers, escrimeurs et piqueurs) réputés jusque-là invincibles et qui lui vaut le surnom du Grand Condé ont aussi largement contribué avec les victoires suédoises sur Prague à pousser l’empereur à la tenue du congrès de Münster (Westphalie) en 1644. Des négociations avaient commencées dès 1641.


C’est à l’initiative de la France et de la Suède qu’est signé en 1648 le Traité de Westphalie. Le Traité de Münster entre Espagne et Pays-Bas entérine l’indépendance des ces derniers.

« La France, qui se voit confirmer officiellement la possession des Trois-Évêchés [Metz, Toul, Verdun], reçoit, en outre, le landgraviat de Haute-Alsace, la préfecture de la Décapole alsacienne [Ligue de dix villes dont Colmar, Turckheim, Mulhouse, Munster…), le bailliage de Haguenau, ainsi que des droits politiques, féodaux ou judiciaires sur de nombreux territoires de Basse-Alsace[3] détachés de l'Empire, ne comprenant ni Strasbourg ni Mulhouse.


Annexant la Poméranie occidentale (ou antérieure), les évêchés de Wismar, Brême et Verden, la Suède s'assure le contrôle des estuaires de l'Oder, de l'Elbe et de la Weser, et donc celui du commerce allemand en Baltique et en mer du Nord ; enfin, ces territoires restant incorporés à l'Empire, le roi de Suède devient un prince allemand et siège à la diète de Francfort.

De ce fait, le statut politique de l'Allemagne se trouve profondément modifié par ces traités qui lui donnent une véritable Constitution, dite Constitutio Westfalica : le nombre des Électeurs est porté de 7 à 8 (5 laïques contre 3 ecclésiastiques ; 5 catholiques contre 2 luthériens et un calviniste) ; l'égalité entre les villes, les Électeurs et les princes d'Allemagne est proclamée ; enfin les traités de Westphalie reconnaissent la souveraineté des 350 États allemands, qui peuvent désormais signer entre eux ou avec des États étrangers des traités ou contracter des alliances, leur conscience seule pouvant garantir le respect des droits de l'Empire.


Le Saint Empire, diminué des Provinces-Unies et de la Confédération helvétique, dont l'indépendance est officiellement proclamée, est donc réduit à une totale impuissance, voulue d'ailleurs par la France et par la Suède, qui sont désormais garantes de la paix allemande ». (Encyclopédie Larousse)

L'Allemagne en ressort exsangue et se retrouve disséminée en plus de 350 principautés indépendantes. Environ 1/3 de la population du St Empire qui comptait 15 à 20 millions d’habitants aura été tué, soit de 4 à 5 millions de morts, combattants et civils.

« La guerre de Trente Ans est le premier grand conflit des Temps modernes » (Fabienne Manière, Hérodote/ la Guerre de Trente ans)


La Guerre Franco-Espagnole

Le traité de Westphalie ne met pas fin aux craintes de la France de se voir dominée par les Habsbourg. Les troupes espagnoles du Nord restent une menace permanente. Mais les Habsbourg, particulièrement la Maison d’Autriche, est ressortie affaiblie de ce long conflit qu’a été la Guerre de Trente Ans ; « un conflit d’une violence sans précédent opposant la presque totalité des puissances européennes et qui a ruiné l’Europe ». Après le traité, la guerre directe avec l’Espagne qui a commencé en 1635 va se poursuivre jusqu’en 1659.

La Fronde, plutôt les Frondes, celle du Parlement (1648-49) et celle des Nobles (1650-53) va se dérouler au cours de cette guerre. Le Prince de Sang Louis II de Bourbon-Condé dit le Grand Condé (1621-1686), cousin de Louis XIV et Henri de La Tour d'Auvergne, vicomte de Turenne (1611-1675), co-chefs militaires pendant la Guerre de Trente Ans vont s’affronter pendant la Fronde (1648-1653). Chef de la Fronde des Nobles, Condé a été surnommé Le Grand, pour sa hardiesse à l’assaut et son courage au combat. Mais Turenne est un plus fin stratège. Ce dernier rallié un moment aux Frondeurs est battu avec les Espagnols par le duc de Choiseul dans les Ardennes fin 1650.  Revenu dans le camp royal, durant cette Fronde, il battra par trois fois le Grand Condé aux batailles de Bléneau et d’Étampes en 1652 et à celle du faubourg Saint-Antoine la même année, bataille au cours de laquelle la duchesse de Montpensier, dite la Grande Mademoiselle, fille de Grand Monsieur, fit tirer le canon de la Bastille sur les troupes royales de Turenne et sur le roi posté sur les hauteurs de Charenton.


Si La Fronde désorganise la France et divise le pays en véritable guerre civile, l’Espagne de son côté est empêtrée dans La Guerre de Restauration (Guerre d’Acclamation) menée par le Portugal, qui va s’étaler de 1640 à 1668 et par la Guerre des Faucheurs, révolte des Catalans contre la présence des troupes castillanes qui défendent la frontière orientale de la péninsule contre la poussée française (Turenne prend Collioure en 1642). En 1653, Condé va s’allier à l’Espagne. Après la Fronde, ses troupes seront battues par celles de Turenne à Arras en 1654. En 1655, ce même Turenne prendra les forteresses de Landrecies, de Condé-sur-l’Escaut et de Saint-Ghislain. Il battra une dernière fois et de façon décisive le prince à la Bataille des Dunes en 1658.

 « Dunkerque est anglaise depuis 1652, mais c’est à la bataille dite des Dunes que son destin sera scellé. [Cette bataille oppose] la France, la Grande-Bretagne et les Provinces-Unies à l’Espagne et Condé. Ce sera une nouvelle victoire de Turenne sur Condé. La ville deviendra française en 1662 après son achat par Louis XIV. Cette victoire franco-britannique mènera par la suite au Traité des Pyrénées [1659 déplacement de la frontière franco-espagnole au-delà du Roussillon]. Après la bataille des Dunes, la Flandre est à la merci des français mais, sagement mais, sagement, Mazarin conseille alors au roi de négocier avec l’Espagne sans avancer plus loin en Flandre afin de ne pas inquiéter les Anglais et les Hollandais (ce que la France fera lors de la guerre de Dévolution de 1667). En somme, la défaite espagnole, combinée à la volonté de modération de la France, mène à l’ouverture des négociations.». (Émeric Hochart, La Guerre Espagnole, Linkedin.com)


Henri de La Tour d’Auvergne, Vicomte de Turenne (Corrèze) recevra l’insigne et rare titre de Maréchal de France en 1660. Il est resté célèbre outre pour ses victoires pour sa célèbre phrase se parlant à lui-même : « Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais où je vais te mener ! » qu’il prononça en 1675 à la bataille de Salzbach, durant la Guerre de Hollande (1672-1678).

 En 1659, La Paix des Pyrénées met fin au conflit. Une des clauses stipule le mariage de Louis XIV à l’infante Marie-Thérèse (1638-1683), Infante d’Espagne et du Portugal, Archiduchesse d’Autriche, fille de Philippe IV. Le mariage a lieu en juin 1660 sur l’Île des Faisans sur la Bidassoa qui sépare la France de l’Espagne. Là-même sera signé en novembre le traité, les rois étant représentés par leur ministre, le cardinal Mazarin et don Luis de Haro. La France obtient plusieurs territoires dont le Roussillon en contre partie de quoi elle renonce à toute prétention sur le Comté de Barcelone et renonce à soutenir le Portugal, indépendant depuis 1640.

De la Guerre de Trente Ans et celle qu’elle vient de perdre face à la France, l’Espagne sort ruinée et totalement vaincue. Elle ne peut plus entretenir ses troupes aux Pays-Bas Espagnols. Elle perd sa domination sur l’Europe tandis que la France devient la grande puissance incontestée de l’Europe. On entre dans « Le Siècle de Louis XIV » selon la formule de Voltaire.


La Guerre Anglo-Espagnole

Le Commonwealth Anglais (1649-1660) sous la gouvernance d’Olivier Cromwell s’est allié à La France contre l’Espagne par la Traité de Paris signé en 1657. Trois villes du Nord de la France sont mises sur la balance : en cas de victoire Mardyck reviendrait au Anglais, Dunkerque et Gravelines aux Français. A la Restauration anglaise, en 1662, l’Angleterre de Stuart II vendra Dunkerque à la France pour 5 millions de livres[4].

      Les flottes anglaises et espagnoles vont s’affronter. En 1655, les Anglais occupent la Jamaïque et remportent deux batailles décisives, celle de Cadix en 1656 et de Santa Cruz de Tenerife en 1657.


La Guerre de Restauration

La Guerre d’Acclamation (1640-1668) voit s’affronter le Portugal sous domination espagnole depuis 1580 et l’Espagne. En 1640, une suite de révoltes contre la domination espagnole au pouvoir le duc Jean II de Bragance qui va régner sous le nom de Jean IV du Portugal dit Le Restaurateur (1604-1656). Le roi Philippe III du Portugal (Philippe IV de Castille) est déposé. Par son alliance avec la France, le Portugal entre dans la Guerre de Trente Ans.

En même temps se déclare en Catalogne la Guerre des Faucheurs (1640-1652), la population catalane ne supportant pas la présence des troupes castillanes venues défendre la frontière est de la péninsule. De 1640 à 1659, cette guerre va consister en une série d’incursions en Castille. L’Espagne est obligé d’y concentrer un nombre importants de tiercos, unité militaire de 10 compagnies regroupant des piquiers, des escrimeurs et des arquebusiers armés d’arquebuses, armes à feu à l’épaule, lourde, ou des mousquetaires armés de mousquets, arme à feu à l’épaule plus légère et de plus grande portée.


En 1648, le Portugal qui n’a trouvé d’alliée en la France que par le biais de l’opposition de celle-ci à l’Espagne a pour ainsi dire été exclus de La Paix des Pyrénées. Son traité avec l’Angleterre en 1652 ne lui apportera pas plus. Et de plus, cette année-là, les troupes espagnoles ont définitivement conquis le Comté de Barcelone, ce qui libère les troupes. En 1656, Jean IV du Portugal meurt. Sa femme,   Louise-Françoise de Guzman assure la régence jusqu’à ce que son fils, Alphonse IV (1643-1683) monte en 1662 sur le trône. Les Cortes prononceront sa déchéance le 24 novembre 1667 pour raison ‘psychiatrique’.

Malgré le renfort des troupes ramenées de Catalogne,  le Portugal va remporter chez lui quatre victoires déterminantes : Elvas en 1659, Ameixial en 1663, Castelo Rodrigo en 1664 et Montes Claros en 1665. Cette même année 65, Philippe IV meurt. Son fils Charles II n’ayant que quatre ans, c’est sa mère, Marie-Anne d’Autriche, qui va assurer la régence. Juan-José d’Autriche, fils illégitime du défunt roi, qui fut Vice-roi de Sicile de 1647 à 1651 et gouverneur des Pays-Bas Espagnols en 1656, se révolte pour prendre le pouvoir mais il n’obtiendra que la vice-royauté de l’Aragon.

Du côté portugais comme du côté espagnol, les conditions sont requises pour que soit signé en 1668 le Traité de Lisbonne par lequel l’Espagne reconnaît définitivement l’indépendance du Portugal. Charles II Stuart, nouveau roi d’Angleterre depuis un an après l’épisode de la république de Olivier Cromwell (†1658) a servi d’intermédiaire.


La Guerre de Dévolution

La paix ne s’établit toujours pas entre la France et l’Espagne. Après la Guerre de Trente Ans et la Guerre Franco-Espagnole, un nouveau conflit éclate entre les deux pays qui va durer deux années. La Guerre de Dévolution va s’étendre en 1667 et 1668. Les Pays-Bas Espagnols (Pays-Bas Méridionaux) et la Franche-Comté appartiennent toujours à l’Espagne. A la mort de Philippe IV en 1665, Louis XIV, son gendre de par son mariage avec sa fille Marie-Thérèse aînée, fait valoir ses droits sur le Brabant et la Franche-Comté en vertu du droit de dévolution en vigueur dans le Brabant. Il s’appuie pour contester le testament de Philippe IV sur le non-paiement des 500 000 écus de dot de sa femme, qui devaient compenser la renonciation de ses droits à la succession espagnole.


Le droit de dévolution est le droit permettant le transfert d’un patrimoine dans une autre. «Passage de droits héréditaires au degré subséquent par renonciation du degré précédent, ou à une ligne par extinction de l'autre ».  Dans le Brabant, il permet aux enfants d’un premier lit, fils ou fille, d’avoir la priorité sur tous les autres enfants.

Au printemps de 1667, les troupes françaises commandées par Turenne envahissent le Flandres et un an plus tard, ce sont celles commandées par le Grand Condé, redevenu loyal,  qui occupe la Franche-Comté. Cette même année, Louis XIV a trouvé l’appui de l’Électeur de Brandebourg ; et l’année suivante il signe un accord secret avec l’empereur Léopold 1er prévoyant que les Pays-Bas Espagnols seraient reconnus comme possession française. L'Angleterre, les Provinces-Unies et la Suède forment, elles, à La Haye en 1668 la Triple Alliance destinée à stopper l’invasion des Pays-Bas par les troupes françaises. De par cette alliance, Louis XIV se voit alors contraint de signer le Traité d'Aix-la-Chapelle (2 mai 1668). Il restitue la Franche-Comté, mais conserve les douze places conquises par Turenne en Flandre, dont Lille, Tournai, Douai, Charleroi et Armentières.   

Si la prépondérance française sur le continent est devenue incontestable, elle suscite une inquiétude toujours plus grande chez ses voisins car elle s’accompagne d’une politique expansionniste que rien ne semble contenir.


La Guerre de Hollande

La Guerre de Hollande opposa la France aux Provinces-Unies de 1672 à 1679. La guerre entre les deux pays a d’abord été économie. Depuis plusieurs années, Colbert tentait par une politique protectionniste de tarifs douaniers de réduire la montée en puissance de l’économie hollandaise qui ne cessait de s’accroitre de par le commerce maritime. Et Louis XIV n’a toujours pas digéré la Triple Alliance de mai 1668 entre l’Angleterre, les Provinces-Unies et la Suède, qui l’a empêché de poursuivre son avancée vers les Pays-Bas (voir Guerre de Dévolution). Louis XIV arrive en 1670 à renverser les alliances au Traité de Douvres, qui voit l’union de La France à l’Angleterre, la Suède, la Principauté de Münster et l’Électorat de Cologne.


L’Angleterre déclare la Guerre aux Provinces-Unies en 1672 (voir Seconde Guerre Anglo-Néerlandaise), puis la France. Face à l’arrivée des troupes françaises commandées par Turenne et Condé, les hollandais ouvrent leurs digues. John de Witt et son frère Cornelis sont lynchées par une population qui les rend responsables de la situation catastrophique de leur pays. L’année 1672 sera appelée Rampjaar (« année de tous les désastres »). Guillaume-Henri d’Orange (futur Guillaume III d’Angleterre) qui l’attendait de longue date est enfin nommé en cette même année stadhouder des deux plus importantes provinces sur les sept que compte les Provinces-Unies, la Hollande et la Zélande. Il avait proposé à Charles II d’Angleterre d’appuyer sa candidature auprès des États Généraux de Hollande en contre partie d’une alliance avec l’Angleterre[5]. Un an plus tard il arrive à coaliser l'Empire, l'Espagne et le duc de Lorraine par le Traité de La Haye, puis le Danemark un an après. La France résiste. La Franche-Comté qui avait été envahie en 1667 est conquise.  Turenne prend Turckheim (Alsace, 1675). Valenciennes est prise qui sera définitivement française par le Traité de Nimègue (1678) ; traité  qui donne également à la France la Franche-Comté, l’Artois, et d’autres villes du Hainaut et du Cambrésis ; qui renforce une frontière qui sera quasi définitive. En contrepartie, elle cède d’une part à l’Espagne, quelques places fortes acquises aux Traité d’Aix-La-Chapelle (1668) et d’autre part reconnaît l’intégralité du territoire des Provinces-Unies. Elle abroge la barrière douanière drastique qu’avait érigée Colbert en 1667. Des tractations avec l’empereur Léopold 1er, notamment au sujet de l’Alsace n’aboutiront qu’au Traité de Ryswick en 1696 ( voir Guerre de La Ligue de Habsbourg)


Les Guerres Anglo-néerlandaises

Il y eut au cours du XVIIème siècle quatre conflits opposant l’Angleterre et les Provinces-Unies.

Première Guerre

La première guerre, entièrement maritime, qui oppose les flottes néerlandaise et anglaise de la république de Cromwell (Le Commonwealth d'Angleterre 1649-1660) commence en 1652 lorsque les Provinces-Unies renforcent leur flotte militaire par des navires marchands pour se protéger des attaques des navires anglais qui, selon le Navigation Act de 1651, devait interdire l’importation de marchandise embarquée sur des navires non anglais en représailles du soutien de la France aux royalistes anglais (exécution de Charles 1er en 1649) réfugiés à la Barbade, grand port de l‘exportation du sucre, mais aussi porte sur le trafic des Bermudes et de la Virginie.

La rivalité, déjà entamée au siècle précédent sur les comptoirs portugais en Inde, va se poursuivre par la fondation au XVIIème siècle de la Compagnie Anglaise des Indes Orientales (1600) et de la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales (1602). Par le Traité de Westminster de 1654 (il y en aura un second en 1674), les Provinces-Unies reconnaissent le Navigation Acts par lequel seuls les navires anglais peuvent commercer avec les colonies anglaises. L’Angleterre va cette fois-ci affirmer sa suprématie maritime dans ses colonies américaines (Virginie, Plymouth, Maryland…). En Mer du Nord et Baltique, on ne saurait parler de suprématie. Les prises de possessions territoriales par la Suède des rives de la Mer Baltique et d’une partie de la Mer du Nord permet à l’empire suédois d’impose un dominium maris baltici suédois (1658-1709 souveraineté sur la mer Baltique) sur le Danemark et des droits de douanes sur les navires marchands accostant aux ports suédois et non suédois, en Scanie, Poméranie, Livonie, Ingrie, Estonie.


Deuxième Guerre

La Deuxième Guerre Anglo-Néerlandaise se déroule entre 1665 et 1667. La royauté a été rétabli en 1661 par la montée sur le trône du fils de Charles 1er, Charles II. Après le Traité Westminster de 1654, l’Angleterre a eu maille à partir avec l’Espagne (Guerre Anglo-Espagnole   1654-1660), tandis que les Provinces-Unies interviennent contre la Suède au cours d’une série de conflits que celle-ci entretient avec les pays de la Baltique (Première Guerre du Nord 1655-1660).

La deuxième guerre débute en fait en 1664, quand, les Néerlandais ayant pris possession des colonies d’Afrique de l’Ouest, la flotte anglaise attaque la flotte néerlandaise en Méditerranée. En 1665, Londres connaît sa dernière grande épidémie de peste qui va faire 75 000 morts soit environ 20 % de sa population. Les navires néerlandais qui font blocus sur la tamise sont contaminés et doivent se retirer. L’Angleterre va chercher une diversion à cet affrontement maritime au cours duquel les blocus entrepris par chacune des parties n’ont pas donné de résultats probants. Elle va chercher son alliance auprès du Prince-Évêque de Münster (Rhénanie-Westphalie),   Christoph Bernhard von Galen (†1678) qui revendique une province hollandaise. Les Néerlandais vont obtenir l’appui des Danois et de la France qui déclare la guerre à l’Angleterre en 1666 mais qui en même temps prévoit d’attaquer les Pays-Bas Espagnols, ce qui limite fortement son engagement maritime, d’autant qu’elle envisage d’attaquer aussi Münster, avec le soutien de l'électeur Frédéric-Guillaume Ier de Brandebourg.

En juin 1666, la flotte anglaise et les flottes franco-néerlandaise s’affrontent au cours de la Bataille des Quatre Jours qui se solde par une victoire néerlandaise. Mais deux mois plus tard ce sont les anglais qui prennent l’avantage à la Bataille de North Foreland.

En Septembre 1666, se déclare le Grand Incendie de Londres qui voit brûler entièrement la City et l’ancienne cathédrale St Paul. Des négociations de paix s’engagent bien que la guerre se poursuive dans les colonies. En juillet 1667, est signé le Traité de Breda qui lie l’Angleterre de Charles II, les Provinces-Unies de John de Witt, le Danemark de Frédéric III et la France de Louis XIV qui a commencé à envahir la Flandres (Voir Guerre de Dévolution).

« Les Néerlandais abandonnèrent aux Anglais la Nouvelle-Amsterdam (future New-York, partie du territoire de la Nouvelle-Nederland [6]), contre les fabriques de sucre du Suriname [Guyane Néerlandaise]. Du côté des Indes Orientales, les Provinces-Unies s’assurèrent un monopole mondial sur la noix muscade. En Amérique du Nord, l’Acadie [Nord Amérique] est rendue à la France » (Wikipédia)


Troisième Guerre Anglo-Néerlandaise

La Troisième Guerre Anglo-Néerlandaise se déroule de 1672 à 1674 et prend fin par le second Traité de Westminster. C’est une nouvelle fois une guerre maritime entre deux pays dont le but est toujours la domination des voies maritimes dans le Nord mais aussi dans les colonies, américaines. Elle se déroule imbriquée dans la Guerre de Hollande engagée par la France de 1672 à 78. Les flottes anglaises et françaises qui ont fait alliance subissent trois défaites consécutives, celle de la bataille de Solebay en 1672 et lors de la première et de la deuxième bataille de Schooneveld et de Texel en 1673. Le Parlement anglais contraint le roi à la paix. Avec la Paix de Westminster, l'Angleterre quitte la guerre en février 1674.


La Guerre Suédo-Danoise

Cette guerre est généralement appelée Guerre de Scanie car elle se déroula essentiellement au sud de la Suède, en Scanie région convoitée par les Danois, et en Poméranie ; la Poméranie, située sur la côte sud de la Baltique entre Allemagne et Pologne, était gouvernée par la Suède jusqu’au Traité de Westphalie de 1648 par lequel elle sera scindée entre Poméranie Suédoise et la Poméranie Orientale (Gdańsk, Dantzig) qui ira à l’Électorat de Brandebourg gouverné par les Hohenzollern avec pour capitale Berlin. En 1618, par union personnelle (un seul gouvernant pour deux états), le Duché de Prusse sera aussi gouverné par les Hohenzollern.


La Suède de Charles XI est alliée à la France, tandis que le Danemark l’est aux les Provinces-Unies, à la Norvège, et à l’Électorat de Brandebourg qui avait apporté son soutien à Louis XIV en 1667 pendant la Guerre de Dévolution. Cette guerre dano-suédoise, qui se déroulera de en 1675 à 1679, s’inscrit dans la Guerre de Hollande qui oppose depuis1672 la France aux Provinces-Unies. Pendant La Première Guerre du Nord (1660-1665), la Suède avait été opposée au Danemark et au Brandebourg (plus la Pologne et la Russie), et l’année 1660 avait était l’année de l’apogée de son expansion en Mer Baltique. Les Pays-Bas, eux, étaient intervenus contre la Suède au cours de la Seconde Guerre Anglo- Néerlandaise (1665-1667).

La Scanie avait était annexée par la Suède en 1658. La population était composée de paysans farouchement indépendants et d’une importante population marginale de gueux, d’errants, de snapphanara d’où vient le nom de chenapans. En 1676, Les Danois et leurs alliés remportent l’importante victoire de la Bataille Navale d'Öland à partir de laquelle les Danois vont être maitres en Baltique jusqu’à la fin du conflit. Les troupes danoises envahissent la Scanie cette même année 76. La Révolte des Snapphanarna va surgir pour les soutenir. En 1677, elles vont commencer à se retirer et mais vont armer les révoltés. En 1678, avant de partir, elles vont laisser une terre systématiquement ravagée[7]. L’alliance avec la France aura été déterminante pour la Suède qui, en 1676, remporte La Bataille de Lund (Nord Scanie) et la Bataille de Landskrona 1677.

 Le Traité de Fontainebleau qui intervient en 1679 grâce à la France, qu’entérine la Paix de Lund la même année, met fin au conflit sans qu’on puisse vraiment dire qui est le vainqueur et qui est le vaincu. Le Danemark rend toutes les terres prises pendant le conflit y compris la Scanie au grand dam de sa population.


La Guerre de Réunion

En 1679, Louis IV va commencer à entreprendre d’annexer des territoires aux statuts et aux frontières, mal définis. Il s’agissait entre autres des villes et places conquises à la suite de la Guerre de Dévolution (1667-68) et de la Guerre contre la Hollande (1672-78). dont les traités avaient mal défini les limites. Cette politique d’expansion, connue sous nom de Politique des Réunions va se poursuivre jusqu’en 1684. Le roi n’envisage pas moins que l’annexion légale de régions comme la Franche-Comté (Comté de Bourgogne), de l’Alsace et de l’Épiscopat de Metz (Lorraine). Il crée pour cela des Chambres de Réunion qui doivent faire reconnaître aux dépens de ces territoires leur vassalité. Décrets après décrets, les villes, châteaux, comtés, baronnies, seigneuries et autres baillages de ces derniers sont ‘réunis ‘.

A cette démarche qui se veut légale, administrative, le roi joint la force et prend les deux possessions espagnoles, Courtrai et le Luxembourg en 1684, et fait bombarder par sa flotte Gênes dont la marine soutenait l’Espagne. En un premier temps, les Pays-Bas qui viennent de sortir du conflit avec la France en 1678, et l’Autriche qui a les Ottomans aux portes de Vienne ne peuvent intervenir et conviennent d’une trêve, la Trêve de Ratisbonne de 1684 qui reconnaît à Louis XIV les territoires ‘réunis’. L’Espagne isolée ne peut que faire de même. Mais cette trêve n’est conclue que pour une période de vingt ans.

 Mais la Hollande et l’empire vont quand même former en 1686 La Ligue d’Augsbourg. En 1685, Louis XIV ayant soutenu sa belle-sœur, Élisabeth-Charlotte de Bavière[8],  Princesse Palatine (son fils Philippe sera régent) lors de la succession du Palatinat.


La Guerre de la Ligue d'Augsbourg 1689-1697

La Guerre de la ligue d'Augsbourg (1689-1697), appelée aussi Guerre de Neuf Ans, Guerre de la Succession Palatine ou Guerre de la Grande Alliance, entame un long conflit entre la France et l’Angleterre et marque le début de la grande rivalité qui va opposer les deux pays jusqu’au XIXème siècle.

En 1689, Guillaume d'Orange-Nassau (1650-1702), stathouder des provinces de Hollande et Zélande (et non des sept provinces), accède au trône d'Angleterre sous le nom de Guillaume III en épousant en 1677 la fille de Jacques II, Marie II Stuart (1662-1689-1694), qui allait régner avec lui. Guillaume avait notamment accepté cette alliance parce qu'il voulait que l'Angleterre lutte à ses côtés contre le roi de France. Louis XIV, en effet, poursuivait sa politique expansionniste et, par ailleurs, se refusait à cautionner la montée sur le trône d’Angleterre d’un roi qui ne soit pas un Stuart. Jacques II Stuart, fils de la dernière fille d’Henri IV, Henriette-Marie de France, tante de Louis XIV, s’était alors réfugié en France après sa déposition en 1688. Il meurt à Fontainebleau en 1701. Son abandon du trône pendant La Glorieuse Révolution amena sa fille et son gendre au pouvoir. La France avait toujours soutenu la Maison Écossaise contre les Anglais. Elle avait soutenu Marie-Stuart qui, élevée en France, avait été reine d’Écosse de 1443 à 1667, reine d’Angleterre de 1558-1559 en succédant à Marie 1ère Tudor et de par son mariage avec François II, fils de François 1er, reine consort de France en 1659-60. En 1689, l’Espagne, s’alliant à la Ligue, déclare la guerre à la France. Les Pays-Bas Espagnols deviennent une région intense de combats, de même que dans une Catalogne en révolte. Les troupes espagnoles sont défaites à la Bataille de Fleurus en 1690, et à la Bataille de la rivière Ter (Catalogne) en 1693. Barcelone tombera en 1697.


Malgré cette puissance coalition de quasiment toutes les puissances européennes contre la France et la puissante flotte anglo-néerlandais, la France teint bon. Aucune issue d’un côté comme de l’autre ne se dessinant, en 1697 est signé le Traité de Ryswick entre la France, les Provinces-Unies, l'Angleterre et l'Espagne, puis l’Empire. Louis XIV rend les territoires occupés sauf Longwy et Strasbourg dont il avait directement pris possession en 1681 à la tête de son armée. Il reconnait la légitimité de Guillaume III. Les Provinces-Unies obtiennent des avantages commerciaux dans les ports français.


Notes


[1] Pour la Première Défénestration de Prague voir la révolte en 1419 des Hussites, partisans de Jean Huss, précurseur de la Réforme, condamné au bucher en 1415 au cour du Concile de Constance. (voir T 2, V1/ Réforme Radicale/Hussites de Moravie)

[2] Grand mais pas par la taille. Condé, cousin de Louis XIV, était de petite taille, mais n’en était pas moins un grand séducteur. Chef de la Fronde des Nobles (1648-1653), il va s’allier à l’Espagne. Ses troupes seront battues par celles de Turenne à la Bataille des Dunes en 1658.

[3] « À la fin de la guerre de Trente Ans, l’Alsace est exsangue. La population a été décimée par les massacres [luthériens et suédois], les épidémies et la famine. L’Alsace a perdu la moitié de ses habitants. Il ne reste plus que 250.000 habitants. La moitié des habitations sont détruites… En créant les Chambres de Réunion en 1678, Louis XIV tentera de s’approprier du reste de l’Alsace. Les habitants devront prouver par des actes qu’ils sont propriétaires de leurs terres ancestrales… Malgré le Traité de paix de 1679, signé à Nimègue entre l’empereur du Saint-Empire-Germanique Leopold et le roi Louis XIV, celui-ci décide, sans aucune déclaration de guerre, de s’approprier la République de Straßburg » (https://alsaciae.org/histoire-chronologique-de-lalsace/)

[4] Les sources varient sur la valeur (fluctuante ?) de la livre tournoi (fondu à Tours) sous Louis XIV : « 1651-76, 1livre=7,53»g d’argent = 2,37€ ( 1701-25,1L=5,49g=1,73€) (http://www.histoirepassion.eu/?Conversion-des-monnaies-d-avant-la-Revolution-en-valeur-actuelle) ou lien « la livre tournois en 1709 valait 0,38 gr d’or fin » (Wikipédia/Livre Tournois). Si 1livre valait 2,37€, au moment de la vente de Dunkerque, 5 millions de livres équivaudraient à 11 850 000 euros.

[5] Guillaume III était le fils de Guillaume II et de Marie-Henriette d’Angleterre, fille de Charles 1er et fille de Henriette-Marie de France (fille de Henri IV) et sœur de Charles II.

[6] Et non l’ensemble des territoires de la Nouvelle-Nederland qui deviendra possession de la Nouvelle-Angleterre par le second Traité de Westminster en 1674. La Nouvelle-Nederland était ‘coincée’ entre la Virginie ( qui deviendra possession royale à la fermeture de la compagnie du même nom) et La Nouvelle-Angleterre, berceau des États-Unis.

[7] Sur cette révolte et cette guerre voir Claude Reynaert Révolte des Chenapans Revue du Nord Année 1972  213 pp. 151-172 (Persée).

[8] Pour son œuvre littéraire voir Littérature/Allemagne. Ne pas confondre avec sa fille Élisabeth-Charlotte d’Orléans, épouse de Léopold 1er.




LES COLONIES

Espagnoles- Portugaises - Anglaises -Française - Les Découvertes - Les Corsaires


Les Colonies Espagnoles

Les territoires constituant dans le Nouveau Monde, la  Nouvelle-Espagne, ont été conquis au XVIème siècles est constitue une vice-royauté   qui instaurée dès 1535 disparaitra en 1821 avec la proclamation de l’indépendance du Mexique. Elle est de ce fait parfois appelée ‘Vieux Mexique’ qui englobait au nord les territoires   qui deviendront après avoir conquis leur indépendance les états de Californie, Arizona, Nouveau-Mexique et Texas. Au sud du Mexique, la colonisation espagnole qui s’est étendue aux actuels Guatemala,  Pérou, St Domingue et Cuba prendra fin avec les guerres d’indépendances au début du XIXème siècle.

Pour conserver ses possessions, l’Espagne sera en conflits avec les puissance européennes désireuses, souvent par l’intermédiaires de leurs pirates, notamment l’Angleterre, d’établir des colonies à buts commerciaux.

Quant aux Indes Occidentales, Los Indias Orientales Españolas regroupant les Philippes et Guam et les îles environnantes, possession espagnoles en 1565,  elles deviendront possessions des États-Unis sortis vainqueurs de  la  guerre hispano-américaine de 1888.

Paradoxalement, durant le XVIIème siècle,  les richesses qui continueront d’arriver d’outre-mer par la ‘Flotte des Indes’ et le ‘Galion de Manille’ (voir Événement Majeurs Généraux/ Les Compagnies), argent, or pierres précieuses, perles, épices, sucre, tabac, soie, bois exotiques, produits alimentaires, sera un des facteurs de son déclin économique. Le royaume vivant de cette manne n‘éprouvera pas le besoin de développer des moyens de productions permettant d’assurer un enrichissement pérenne et une concurrence sérieuse vis-à-vis d’autres pays qui, comme la France, les Pays-Bas et l’Angleterre, entreprirent de le faire.


Les Colonies Portugaises

Avec Henri Le Navigateur (1394-1460), fils du roi João 1er, le Portugal fut le premier pays européen à lancer des expéditions pour la  découvertes de nouvelles terres et de nouvelles richesses (or, épices). La colonisation, commencée par la  création de comptoirs commerciaux côtiers suivie de leur fortifications défensives, va s‘étendra à l’intérieur sur de  vastes territoires. Après les  découvertes de Madère en 1420  et du Cap Vert en 1462, les possessions  portugaises vont occuper les côtes ouest et est de l’Afrique, plus tard   le Mozambique (1506) Angola (1571)

A l’est, au-delà du Cap de Bonne-Espérance sera créé l'Estado da India. En 1509, Magellan arrivait déjà en Cochin ( Côte de Malabar, Kérala) ; en 1530,la capitale de la vice-royauté fut installée à Goa. Furent fondés les comptoirs de Macao en 1557 et de Nagasaki en 1571 puis de Java et Sumatra

A l’ouest, le  Brésil  commença à être colonisé en 1532. Les Portugais durent faire face aux ambitions territoriales française entre 1523 et 1631, et  hollandaises entre 1630et 1654. Sa principale richesse, avec Madère,  était le sucre. Là aussi, l’esclavage, l’exploitation d’hommes et de femmes, tint un rôle primordial dans l’exploitation des terres.

La concurrence était rudes entres les différentes compagnies des puissance maritimes (voir ci-après  Compagnies).  Les ports étaient systématiquement attaqués par les pirates anglais et français et particulièrement hollandais.  La flotte néerlandaise attaqua durant la première moitié  du XVIIème siècle aussi bien Macao que le Mozambique, l’Angola, le Brésil, Malacca, Colombo, Cochin. En 1622, aidés des musulmans, les Anglais prirent Hormuz avec son détroit stratégique (Golfe persique). L’empire commença de s’effriter.  

Le déclin se poursuivit au XVIIIème siècle par la perte de ports aussi bien que par la contrainte  de la part  des Français, Anglais et Néerlandais  de  concessions commerciales particulièrement défavorables. Au XXème siècle, ce qu’il restait des possessions africaines furent l’objet de luttes sanglantes pour leur indépendance ; L’indépendance du Mozambique et de l’ Angola fut reconnue en 1975. Goa était devenue indienne en 1962 et Macao sera chinoise en 1999.


Colonies Anglaises

Virginie

La première colonie s’était installée en 1607 en Virginie à Jamestown. Elle disparut en 1694 à la suite de son incendie au cours d’une révolte connue sous le nom de ‘Révolte de Nathaniel Bacon’ ; révolte qu’avait menée contre le gouverneur William Berkeley, un regroupement d’anglais, d’indiens et d’esclaves africains. Jamestown n’aura été la capitale de la Virginie qu’en 1699, date à laquelle le siège du gouvernement est déplacé à Williamsburg (Middle Plantation) fondée en 1632.

C’est en Virginie qu’arrivent en 1619, les premiers esclaves africains amenés par un bateau hollandais (voir Traite des Noirs).

La Virginie fut l’un des treize premiers états et joua un rôle de premier plan dans la création des États-Unis. Sur les cinq premiers Présidents, quatre sont originaires de Virginie dont Washington et Jefferson.


Plymouth Colony

En 1620, les Pilgrims Fathers, puritains, qui forment la secte la plus connue des Dissenters (dissidents de l’Anglicanisme) s’installent en Nouvelle-Angleterre avec à leur tête William Bradford. Ils débarquent d’un navire marchand, le Mayflower, sur les côtes du Massachusetts et fondent la deuxième colonie anglaise, la Colonie de Plymouth. Au cours de la traversée, les hommes signent un accord connu sous le nom de Mayflower Compact qui définissait la forme de gouvernement qui régirait leur communauté. Cette forme de gouvernement servira de base aux futurs gouvernements des États-Unis. Ces pèlerins s’étaient exilés pour pouvoir pratiquer librement leur religion. Les Américains leur doivent le premier amendement de leur constitution : la liberté d’expression qui sous-entend la liberté de culte.

La colonie de Plymouth est connue pour être la première à avoir instauré la tradition du Thanksgiving (Action de Grâce), à l’origine fête de la moisson célébrée en novembre pour remercier Dieu de la récolte. Au premier repas de 1621, des membres des tribus des Wapanoagas et leur chef, le Sachem Philip (King Philip) furent conviés. Ils apportèrent des dindes, plat devenu le plat traditionnel de cette fête (voir Angleterre/ Guerre Anglo-Amérindiennes).

En 71 ans, en 1691, la colonie va fusionner avec celle de la Baie de Massachusetts pour former la province de la baie de Massachusetts

« Outre Thanksgiving, l'héritage de la colonie de Plymouth, relativement éphémère, réside dans l'esprit d'indépendance, d'autonomie gouvernementale, de volontariat et de résistance à l'autorité des pèlerins qui ont été le fondement de la culture américaine à travers l'histoire[1] ».


Province de Caroline

La province de Caroline, du nom de Charles 1er, réunissait à l’origine la Caroline du Sud et celle du Nord. En 1627, Robert Heath, calviniste convaincu, membre de la commission du Tabac pour la Virginie, reçoit de Charles 1er une concession au sud de la colonie de Virginie. A partir de 1653, par l’arrivée de colons de Virginie et de Nouvelle-Angleterre, de planteurs déjà riches venus des Bermudes et de La Barbade avec des centaines d’esclaves pour acheter des terres, la concession va s’étendre en trois autres colonies : Albemarle et Fear, au nord et Charleston au sud qui, grâce à sa situation vers les Caraïbes, se développa rapidement et devint le siège du gouvernement de la province.


En 1663, au début de la Restauration, Charles II promulgue une charte (anciennement chartre) qui établit les frontières de la province, de la Virginie au Nord à la Géorgie au Sud, et donne pleine propriété à huit grands du Royaume pour leur loyauté pendant la Guerre Civile. Ils prennent le titre de Lords-Proprietor. Ces nobles vivent en Angleterre et louent leur terres ; Le seul gouverneur à vivre sur place est celui de Virginie, William Berkeley, un ancien ‘Cavalier’ de la Guerre Civile (voir Angleterre/ 1ère Guerre Civile) qui intensifia la culture du tabac et fit venir en masse les esclaves d’Afrique.

La séparation entre Caroline du Nord et Caroline du sud intervint dans la première décennie du XVIIème siècle, à cause de dissensions au sujet de l’établissement ou non d’une Église anglicane, dans les choix des officiels à élire ; dissensions auxquelles vinrent se greffer les guerres avec les Amérindiens.

La Guerre des Yamasee, en 1715-16 opposa les colons de Caroline du Sud à plusieurs tribus amérindiennes (Yamasee, Chirokee, Apalache) qui vivaient sur le territoire de l’actuelle Géorgie. Les tribus furent décimées et les colons occupèrent les terres. En 1732, par décision du roi Georges II, la Géorgie, du nom de Georges II, jusqu’alors dépendante de la Caroline du Sud devint indépendante.


Colonies Françaises

Au XVIème siècle, en 1523, Giovanni a Verrazzano avait exploré pour le compte de la France les côtes de l’Amérique du Nord de la Caroline jusqu’à Terre-Neuve. En 1535 et 36, Jacques Cartier (†1557) découvrait le golfe du St Laurent et remontait son fleuve et établissait un camp de base à Stadaconé, actuelle région du Québec. Un indien lui révèla comment guérir son équipage du scorbut avec de la tisane d’anneda (du cèdre blanc). Lors de son second voyage en 1540, il s’installa un temps à Hochegala, future ville de Québec.

Les expéditions de J. Cartier et de Rocque de Roberval (Voir Renaissance./Introduction Générale/Au-delà des Mers) ayant été décevantes (elles n’ont rapporté aucun métal précieux), les successeurs de François 1er vont se désintéresser du Canada. Mais les pêcheurs, eux, continuent à venir pêcher la morue dans les eaux de Terre-Neuve. Certains prennent campement pour sécher la morue dans ce qui deviendra l’Acadie (nord du New Brunswick, rive sud du St Laurent) avec pour capitale Port Royal. Ils font le commerce de peau avec les indiens en échange d’outils et autres produits manufacturés. Tadoussac sera le premier comptoir français pérenne. En 1599, Henri IV donna le monopole du commerce de fourrure à François Dupont-Gravé et Pierre de Chauvin, deux personnages qui, avec Pierre Dugua de Mons et Samuel Champlain, seront ceux qui auront vraiment fondé la Nouvelle-France avec pour capitale Québec.


Samuel Champlain et le Québec

Samuel de Champlain (ca 1570-1674). Sur ce que l’on sait de sa jeunesse, il est né à Brouage (Charente-Maritime) et  a reçu une formation de cartographe dans la marine royale. En 1595, il participe à la huitième et dernière Guerre des Relions dans les troupes d’Henri IV. En 1598, il s’embarque pour deux ans dans une expédition aux Antilles et au Golfe du Mexique que mène son oncle maternel Guillaume Allène, dit le « capitaine provençal », qui est au service des rois d’Espagne. Esprit aventureux, il va jusqu’à Mexico puis au Panama pour lequel il aurait envisagé de relier les deux océans par un canal.

En 1601, à son retour en France, son oncle meurt après avoir fait delui son héritier. Il présente un Brief Discours dans lequel il fait part de ses observations sur la flore, la faune et les peuples qu’il a rencontré. Le roi lui verse une pension.

En 1603, il entame son premier voyage pour le Canada dans l’expédition que mène François Gravé qui, depuis vingt ans, fait le commerce des fourrures dans le Saint Laurent jusqu’à Trois-Rivières (entre Québec et Montréal). Sa mission est de cartographier la région du Saint Laurent, de son embouchure à Hochelaga, qu’il appelle le Grand Sault Saint Louis. De retour la même année, il publie Des Sauvages, ou Voyage de Samuel Champlain, de Brouage fait en la France nouvelle, l’an mil six cent trois”.

En 1605, il part pour une nouvelle expédition et de nouvelles cartographies de  l'Île du Cap-Breton en Nouvelle-Écosse, de la Baie de Fundy entre Nouvelle-Écosse et Nex-Brunswick et du Cap Cod, dans le Massachusetts.

Au cours de son troisième voyage de 1608 à 1609, il va fonder Québec. Il a pour mission d’établir un comptoir permanent. Avec ses vingt huit hommes et des indiens, il construit une petite forteresse qu’il appelle « L'Abitation de Quebecq ». Il écrira « Je cherchai lieu propre pour notre Abitation, mais je n'en pus trouver de plus commode, ni mieux situé que la pointe de Québec, ainsi appelée des Sauvages, laquelle était remplie de noyers et de vignes ». A partir de là se développera un colonie le long des berges du St Laurent.

 Champlain va n’avoir de cesse de faire les allers-retours Québec-France. En tout, il aura effectué douze voyages. Il aura entretenu des relations avec les Hurons, les Iroquois et les Algonquins et exploré avec eux de nouvelles régions. Il est blessé au coup par une flèche lors d’affrontements avec les Iroquois dans son quatrième voyage. Au cours de son septième voyage, il aura exploré la région des grands lacs. Pendant son onzième voyage, en 1627, Richelieu crée la Compagnie des Cent-Associés (voir Compagnies Maritimes). Champlain comme Richelieu en est membre et actionnaire. En 1629, il est nommé Commandant de la Nouvelle-France. Il meurt d’apoplexie (AVC) en 1635 à Québec.


Les Découvertes

Au XVIIème siècle, les Européens poursuivent de leur découverte. Le but des expéditions maritimes est d’ordre économique et religieux. Elles ne seront d’ordre scientifique qu’au siècle suivant. Les navigateurs explorent l’Océan Pacifique où ils découvrent des îles comme Tahiti ou l’Australie et découvrent également l’Arctique et l’Antarctique.

En 1607, Henry Hudson explore le Grand Nord. En 1610, il explore l’Island et le Groenland. La même année, il découvre la baie qui porte son nom.

En 1681-82, René Robert Cavelier de La Salle descend le Mississippi.

En 1642-43, Albel Tasman découvre la Tasmanie, la Nouvelle-Zélande et les Îles Tongua et Fidji.


Les Corsaires

Aux XVII et XVIIIèmes siècles, on appelle Guerres de Courses, la poursuite, l’abordage et la saisie de bateaux ennemis par des Corsaires. Il existe deux types d’abordages : L’abordage en   belle qui consiste à placer un navire bord à bord avec l’adversaire, et L’abordage de franc étable qui consiste à présenter son étrave à l’adversaire.

Au contraire des pirates, les corsaires n’agissent pas pour le leur propre compte mais son au service de leur roi. Ils gardent une partie du butin. Jean Bart (1650-1702) est le grand corsaire français du XVIIème siècle. René Duguay-Trouin et Robert Surcouf seront ceux du siècle suivant.

Jean Bart, un temps engagé dans la flotte néerlandaise pour combattre les Anglais, sera celui qui aura mené le plus de courses contre les navires marchands hollandais pour le compte de Louis XIV. Il n’n’aura pas saisi moins de 81 bâtiments. Il reste entre autres célèbre pour sa victoire à la Bataille du Texel (1694 Guerre de La Ligue d’Augsbourg). Avec sept navires, il attaque une flotte hollandaise d’escorte, les met en fuite et reprend les 170 navires chargés de blé achetés par la France à la Norvège et dont les Hollandais s’étaient emparés.

On connaît sa célèbre réplique à un officier anglais. L’officier lui ayant dit dédaigneusement que les Français se battaient pour de l’argent, tandis que les Anglais, eux, se battaient pour l’honneur, Jean Bart lui répliqua : « Chacun se bat pour ce qui lui manque ».

James Erisey et William Parker († 1618) furent associés au grand pirate anglais du XVIème siècle Francis Blake (1540-1596).

Les corsaires ont été fort nombreux au XVIIème siècle. Certains d’entre eux se mirent au compte des Barbaresques (musulmans de la côte nord-africaine), entre autres les Hollandais Jan Marinus van Sommelsdijk et Simon Dansa (Zymen Danseker), et l’Anglais John Ward.


Notes


 
[1] Citation et pour en savoir plus sur la Colonie de Plymouth : https://www.greelane.com/fr/sciences-humaines/histoire-et-culture/history-of-the-plymouth-colony-4158197/




L’ÉCONOMIE

L'Économie Européenne - Le Commerce - La Banque



L’Économie Européenne

Au milieu du XXème siècle a circulé une théorie « qui postulait le XVIIe siècle comme un siècle de crise, au cours duquel le système féodal, tant sur le plan économique que politique ou culturel, a été remplacé par un système moderne impliquant (selon des points de vue différents) le capitalisme, l'absolutisme et la révolution industrielle ». Cette théorie est contestée entre autre par le fait qu’une crise se définit par caractère éruptif et sporadique.  Certes la Guerre de Trente Ans entraina un désastre des économies des puissances engagées. Le XVIIème siècle fut pour l’Espagne un siècle de profond déclin économique et la France de Louis XIV connut plusieurs passes particulièrement difficiles au point qu’il fallut un moment donné que soit fondu l’argenterie de Versailles pour financer une guerre. Mais le développement du mercantilisme protectionniste, les revenus qu’apportèrent les grandes compagnies, la mise en œuvres des manufactures et la création d’une banque comme La Banque d’Angleterre furent des remparts à un effondrement généralisée de l’économie européenne.


Dans son ouvrage Le Siècle de Louis XIV qu’il écrivit pour Mme du Châtelet qui s’ennuyait profondément, Voltaire intégra cette théorie de crise séculaire généralisée européenne à une crise mondiale. Il est a constatée qu’au plan mondiale, les révoltes populaires à travers le monde  proliférèrent.

« En Chine, le nombre de soulèvements armés majeurs est passé de moins de dix dans les années 1610 à plus de soixante-dix dans les années 1620 et à plus de quatre-vingts dans les années 1630, touchant 160 comtés et impliquant bien plus d'un million de personnes. Au Japon, une quarantaine de révoltes (hoki) et deux cents soulèvements ruraux de moindre envergure (hyakushoikki) ont eu lieu entre 1590 et 1642 — un total inégalé depuis deux siècles — et le plus grand soulèvement, à Shimabara sur l'île de Kyushu en 1637-1638, a impliqué quelque 25 000 insurgés. En Russie, une vague de rébellions en 1648-1649 a ébranlé le gouvernement central jusque dans ses fondements ; Sur les vingt-cinq grandes révoltes paysannes recensées en Allemagne et en Suisse au XVIIe siècle, plus de la moitié ont eu lieu entre 1626 et 1650 ; le nombre total d'émeutes de la faim en Angleterre est passé de douze entre 1600 et 1620 à trente-six entre 1621 et 1631, avec quatorze de plus entre 1647 et 1649. En France, enfin, les révoltes populaires ont atteint leur apogée, tant absolue que relative, au milieu du XVIIe siècle. » (Santosh Kumar Rai opus cité Université de Delhi voir France/ Monarchie Absolue)

Cette instabilité conjoncturelle est venue s’inscrire en Europe dans une profonde cassure religieuse. La fragmentation confessionnelle provoquée par la Réforme a aussi eu des conséquences au plan économique. Pour fixer les idées, l’Europe du Nord est protestante (luthérienne, calviniste, presbytérienne) et tend à développer une économie de commerce qui amorce le capitalisme ? L’Europe du Sud est catholique et conserve une économie essentiellement agraire.


Les pays européens sont essentiellement agricoles. La population est en grande majorité campagnarde (90%) et bien que produisant essentiellement des céréales (blé, orge, seigle), elle connait de façon récurrente des périodes de disette sinon de famine. Depuis le Moyen-âge, les outils ont peu évolué et la charrue n’est pas d’un emploi si fréquent. Le bétail est peu important et faute d’engrais la pratique de l’assolement triennal est courante. Mais bien que restant basée sur les ressources de l’agriculture, l’événement majeur du XVIIème siècle en matière économique, est la montée en puissance d’une classe bourgeoise qui a développée de manière intensive le commerce, particulièrement dans les Provinces-Unies, classe gouvernante qui donnera là naissance au capitalisme.

Les ressources industrielles sont toujours principalement celle de la métallurgie et du textile. La production manufacturée vient encore essentiellement des ateliers. Mais ce mode de production va tendre à une production industrielle par le regroupement des ateliers en manufactures.


Manufactures et Industrie

Les Manufactures Française

En 1601, Henri IV souhaitant d’importantes économie sur l’achat de tapisserie étrangères, notamment flamandes, fait venir de Flandre, les lissiers flamands Marc de Comans et François de La Planche pour qu’ils ouvrent une manufacture de tapisserie sise faubourg Saint-Marcel. A cet emplacement ( à cheval sur 5ème et 13ème arrondissements actuels), sur la rive droite de la Bièvre le teinturier Jean Gobelin, célèbre pour son rouge écarlate  avait développé une teinturerie. La manufacture va porter son nom mais au pluriel compte tenu du nombre importants des membres de sa famille qui participèrent au développement de cette industrie.

En 1606, toujours sur volonté royal, Henri IV, la Galerie du bord de l’Eau devient un foyer bouillonnant d'artistes et artisans, au grand dam des confréries.  

En 1627, sur ordre de Louis XIII est fondée une nouvelle manufacture sur la colline de Chaîllot dans une ancienne savonnerie que Marie de Médicis avait aménagée en orphelinat. Les lissiers du nom de Pierre Dupont et Simon Lourdet va mettre à profit cette jeune main-d’œuvre. La manufacture portera le nom de Manufactures Royale de La Savonnerie. Les tapisseries qui en sortent présentent une nouveauté pour l’Europe : « Le point noué, permettant de tisser "des tapis veloutés façon du Levant" ». (Hugues Menes Conférencier à la manufacture des Gobelins Les Manufactures Nationales Des Gobelins, De Beauvais Et De La Savonnerie).


En 1664, Colbert fait ouvrir La manufacture de Tapisserie de Beauvais. Contrairement à la manufacture des Gobelins les commandes viennent du privé et non du Roi. Elle fermera à la Révolution.

En 1665, Louis XIV décide que soit relancée la production des ateliers de la ville d’Aubusson déjà en actifs au XVIème siècle mais à la production en déclin en les regroupant en une Manufacture Royale.

L’ouverture de ces manufactures royales ne privent pas les autres ateliers de commandes ; En 1630, Paris en compte : l 'atelier de tapisseries de l'hôpital de la Trinité, rue Saint-Denis fondé en 1551 et qui restera en activité tout au long du XVIIème siècle, l'atelier de la Grande Galerie du Louvre, atelier de haute lisse dirigé par Maurice du Bourg qui dirigeait l'atelier de tapisseries de l'hôpital de la Trinité en 1584, l'atelier du faubourg Saint-Germain ouvert en 1633 par Raphaël de La Planche, le fils d’un des fondateurs des Gobelins (voir Catalogue des pièces exposées au musée de la Manufacture Nationale des Gobelins 1930).

A noter qu’en 1605 débute le creusement non du premier canal de transport fluvial creusé en France, mais le premier canal à bief, le canal de Briare reliant la Seine et la Loire. Déjà utilisée en Ardenne des le Moyen-âge, cette technique du partage de bief consiste à créer un bief écluse entre deux portions d’un même canal ou reliant deux cours d’eau sur la ligne de partage de leur eau.


L’Industrie en Angleterre

 Depuis l’époque médiévale, l’Angleterre a bénéficié de deux ressources importantes qui favorisa son commerce extérieur, le travail de l’étain, notamment en Cornouailles, et la fabrication des tissus de laine. Il existe des manufactures (ateliers) implantées dans les villes mais en petit nombre. Elle tient sa richesse de son commerce maritime et de ses colonies. C’est au XVIIIème siècle que l’Angleterre va être le berceau de la Révolution Industrielle que l’on fait débuter en 1760-70 et dont les deux moteurs seront « la mécanisation de la filature du coton et la maîtrise de la technologie de la houille acquise par la métallurgie anglaise au terme de longs tâtonnements ». le moteur financier sera la création de la Banque d’Angleterre en 1694, première banque centrale et de dépôt

« Le taux d’accumulation de capital, résultant des bénéfices et de l’épargne, était suffisant pour financer le commerce extérieur, la reconstruction de Londres après le feu de Londres (1666), la construction navale (les chantiers de Chatham). »


Le Commerce

Le Commerce Maritime

Au siècle précédent le commerce maritime s’est largement intensifié avec l’importation de produits exotiques venus du Mexique, Pérou, Caraïbes[1] (sucre, cacao, tabac), des côtes africaines (Sénégal, Cap vert…) et de l’Asie (soie, épices). Le XVIIème siècle va poursuivre dans cette voie la création de nombreuses compagnies. Venise a perdu sa grande hégémonie séculaire sur le commerce méditerranéen, principale plaque tournante (avant l’Espagne) qu’elle était entre les côtes d’Afrique et du Moyen-Orient et les grands ports du Nord comme Amsterdam et Anvers. Avec les Anglais, les hollandais dominent les mers qui mettent en place de par ce commerce une économie qui donnera naissance au capitalisme. Mais les ports français de la côte atlantique (Bordeaux, Nantes) tirent profit du commerce triangulaire entre Europe, Afrique et Nouveau Monde, particulièrement de la Traite des Noirs. Au cours du siècle, 2 ,75 millions d’Africains sont déportés au Nouveau Monde.

Le commerce maritime n’est pas à sens unique. Si sa vocation première est l’importation, le développement de l’exportation, notamment de produits manufacturés, va permettre la mise en place une nouvelle politique économique le Mercantilisme, une politique économique qui favorise le commerce et particulièrement le commerce extérieur et tend à réduire les importations.  


Le Mercantilisme

« Le mercantilisme du XVIIe siècle est une théorie et une pratique économiques qui soulignent l'importance de la régulation gouvernementale de l'économie pour renforcer la puissance nationale en maximisant les exportations et en minimisant les importations »

« Jusque là [au XVIIIes.] la pensée économique a été orientée par le mercantilisme, c'est-à-dire par une doctrine selon laquelle la prospérité des nations repose sur la possession des métaux précieux ». (G.Vedel, Manuel Droit Constitutionnel 1949)

« Le mercantilisme postule (...) le dynamisme économique, la volonté d'expansion extérieure et de concurrence internationale à partir de solides bases nationales, l'aspiration à la croissance, et débouche sur l'interventionnisme de l'État ». (Encyclop. univ. t. 10 1971, p. 803)

« Les inventeurs du mercantilisme sont sans conteste les hommes d’État anglais, tel Burghley, lord trésorier de la reine Élisabeth. Protectionnisme économique, politique industrielle, promotion du travail. Toutes les grandes affirmations du « colbertisme » sont déjà fortement exprimes en Angleterre près d’un siècle auparavant…Les économistes du XVIIIème siècle estimeront que leurs prédécesseurs attribuent au commerce un rôle trop important. L’idéal mercantile, né en Angleterre consiste à vouloir que l’État soit vendeur et non acheteur. Tout d’abord, on accroît ainsi le stock des métaux précieux… rappelons l’incroyable anarchie monétaire de l’poque. Comment payer la balane commerciale autrement qu’en monnaie internationale, c’est-à-dire l’or ? » (Inès Murat Colbert, Fayard 1980)

L’économiste italien  Antonio Serra (1568-1620) fut un des premiers défenseurs du mercantilisme par l’intérêt qu’il porta au rôle importante de la balance commerciale (biens, services et capitaux) dans l’économie d’un pays.


« Les penseurs mercantilistes prônent le développement économique par l'enrichissement des nations au moyen du commerce extérieur qui permet de dégager un excédent de la balance commerciale grâce à l'investissement dans des activités économiques à rendement croissant, comme l'avait identifié l'économiste italien Antonio Serra dès 1613 [Breve trattato delle cause che possono far abbondare li regni d’oro e d’argento dove non sono miniere , Bref traité sur les causes qui peuvent faire abonder les royaumes d'or et d'argent là où il n'y a pas de mines] ». 
(https://groups.google.com/g/fr.soc.economie/c/eZ8XWzIl05).

Un autre précurseur, sur lequel Colbert prendra plus qu’exemple est Barthélemy Laffemas, nommé Contrôleur Général du Commerce en 1600 par Henri IV. Laffemas va convaincre ce dernier de pratiquer une politique économique centraliser où l’état. C’est une   des caractéristiques du mercantilisme doit jouer au pouvoir central un rôle majeur. Il préconise d’un développement de l’industrie accompagnée d’une réorganisation des coopératives afin d’assurer au pays (ici  la France) une puissance économique.

A long terme le mercantilisme du XVIIe siècle va passer d’une pratique commerciale fortement réglementée à l’ouverture de marchés plus autonomes dans une évolution qui annonce les systèmes économiques modernes, jetant les bases de commerciaux mondiaux.


Le Colbertisme

La Colbertisme[2] est un « mercantilisme à la française »[3] ; un mercantilisme que l’État prend en main et qu’il ne laisse pas au gré d’une classe sociale. « C’est la nation tout entière et non une oligarchie marchande qui doit bénéficier d’une politique voulue et dirigée par le Gouvernement ». Pour Colbert, la puissance économique doit être autant recherchée que la puissance territoriale. « La guerre économique vaut la guerre militaire ». Poussant à l’extrême les conséquences du mercantilisme, son protectionnisme devint de plus en plus intransigeant. Il aura poursuivi la politique de Laffemas et de Richelieu. « Jamais un système économique n’a été appliqué avec autant d’énergie et sur toute l’étendue du royaume. Nulle part qu’ailleurs, le mercantilisme n’a été un facteur d’unification nationale ».


La Banque

La société commerciale qui associait les marchands dans une même entreprise, un marchand et un capitaine de navire par exemple, était apparue au XIème siècle. Le titre financier est apparu au milieu du XIIIème siècle ; la lettre de change et son inverse, le billet à ordre, sont apparus dans la seconde moitié du XIVème siècle. La place de change la plus importante fut d’abord, au début du XIVème siècle, Bruges qui alors bordée par la mer voyait accoster les navires affrétés par les Vénitiens et chargés des cargaisons venues d’Asie Mineure. Les marchands européens qui étaient désignés sous le nom de nation y avaient leur comptoirs. Ils négociaient entre eux le prix des marchandises en spéculant déjà sur le prix qu’elles auraient dans le pays où elles seraient réexportées. Anvers supplantera Bruges au milieu du XVème siècle quand la taille des pierres précieuses ne se fera plus dans le pays d’origine (Inde) mais au pays de destination. C’est à Anvers que fut créée la première bourse en 1460. La première en France fut ouverte à Lyon en 1540. A Anvers est également créée en 1592 la première bourse de cotation des matières première. Amsterdam supplantera à son tour Anvers comme première place financière au XVIème siècle. 


La situation instable des Pays-Bas Espagnols a défavorisé Anvers au profit d’Amsterdam. En 1568, a commencé la Guerre de Quatre-Vingts Ans, guerre de révolte contre la domination espagnole. En 1576, le sac par les troupes espagnoles d’Anvers alors en révolte contre la domination espagnole, épisode connu sous le nom de la Furie Espagnole, révèle malgré la répression l’impuissance de Philippe II a maitriser totalement ses Provinces des Pays-Bas Espagnols. La reprise de la ville en 1585 par les troupes espagnoles n’aura aucun effet sur la flotte hollandaise qui bloque le port. Ce qui entrainera la ruine de la ville et le départ pour Amsterdam tout à la fois des marchands et de leur capitaux et de la moitié de la population (40000 sur 80000). En 1579, l’Union d’Utrecht voit l’unification des Pays-Bas espagnols dont l’autonomie de fait sera entérinée en 1648 par le Traité de Westphalie. Amsterdam va devenir la ville la plus riche du monde.

 Quant à la banque, qui existe depuis Babylone, elle a vu une évolution significative au XVIème siècle par non seulement la multiplication de ses établissements par de grandes familles de banquiers comme les Médicis, les Strozzi, les Fugger, mais encore par l’apparition de comptes privés. La Banque d’Amsterdam est fondée en 1609 et la Bourse en 1613. La Banque d’Angleterre (The Governor and Company of the Bank of England) en 1694 et en 1696, Guillaume III d’Orange crée le Board of Trade, un conseil du commerce en charge de promouvoir le commerce extérieur. La Banque de France sera créée en 1800. La Banque d’Espagne ne sera créée qu’en 1782


La Révolution Financière Britannique

En 1694, Guillaume va autoriser à des marchands londoniens whig la création d’un organisme financier indépendant en contre partie d’un prêt de 12000 livres. Cet organisme reçoit le double privilège d’émettre de la monnaie et d’escompter ; Ainsi est créée la Banque d’Angleterre, la première banque mondiale à être une banque centrale (avec un réseaux de filiales), d’émissions et d’escompte[4]. Ce que ne pouvait faire la principale banque européenne, celle d’Amsterdam.

La Banque d’Angleterre peut émettre sous le contrôle du Parlement des emprunts publics, par exemple pour l’accroissement de la Royal Navy ou pour tout autre financement de travaux publics d’importance.


La mise en place de tous ses rouages financiers, banques commerciales, banques régionales, assurances, emprunts publics et privés, qui constitue ce que l’on appelle La Révolution Financière va être à l’origine en Angleterre de la révolution Industrielle au siècle suivant et fera de Londres la place financière la plus importante du monde.

Parmi les fondateurs de la banque l’un des principaux acteurs a été le richissime négociateur d’envergure internationale, William Paterson.

Tailleur d’origine écossais, William Paterson (1658-1719) établit sa fortune avec le commerce de peau des boucaniers de l'archipel des Bahamas, favorisé en cela par sa fonction de directeur de la confrérie des artisans-tailleurs de Londres. Parlementaire en Écosse, il est un whig convaincu ( qui soutient le Parlement face au roi) et prend parti dans la Glorieuse Révolution de 1688.


Un autre financier écossais, John Law Lauriston (1671-1729), jouera un rôle important en France sous la Régence. Il est le créateur du Système Law qui remplaça la monnaie métallique par le papier-monnaie (billet de banque). Il est à l’origine en 1717 de la création de La Compagnie Perpétuelle des Indes qui regroupe plusieurs compagnies, Compagnie du Sénégal, Compagnie de Chine, Compagnie du Mississippi et Compagnie de la Louisiane. En 1720, il es nommé Contrôleur des Finances et fusionne la Compagnie Perpétuelle avec la Banque Royale. Les adversaires du Système Law vont spéculer à la hausse de telles sortes que la valeur de l’action de la compagnie va monter en flèche et que les principaux détenteurs, méfiants vont demander à réaliser en or et argent. C’est la banque route. Law s’enfuit et séjourne dans diverses cours européennes sans voir aboutir ses projets. Il meurt à Venise en 1729.


Notes


 
[1] Si au Moyen-Âge, le sucre de cannes provenait du Moyen-Orient, au XVIème siècle, ce sont les Portugais qui le ramèneront d’Amérique Latine, après que les Espagnoles l’ont cultivé aux Îles Canaries définitivement conquises par eux à la fin du XVème siècle.

[2] Sur la recommandation de Mazarin, Louis XIV nomma Colbert ministre, non premier ministre comme Mazarin le fut auprès du jeune roi, mais ministre de la marine ; et il le restera quelle qu’ait pu être par la suite l’importance de son rôle dans la conduite de l’État. Colbert ne prit pas pour modèle son protecteur (il le fut par l’intermédiaire d’Anne d’Autriche), ayant de lui une considération pour le moins réservée, lui qui en pleine Frondes écrivait à Le Tellier dont il dépendait hiérarchiquement, que l’amant de la reine en toute circonstance ne servait jamais que ses intérêts financiers. Le modèle de Colbert fut le Richelieu dont le célèbre testament de 1640 fut pour lui une référence constante.

[3] Pour cette partie et sur l’œuvre de Colbert voir Inès Murat Opus cité/La Guerre Économique 1661-1672.

[4] Une banque d’émission émet de la monnaie mais également opère le clearing (solde d’une série de transactions internationales). Un escompte bancaire est une avance de trésorerie accordée à un détenteur d’un effet de commerce (créance) qu’il cède en contre partie à la banque. L’avance est inférieure à la valeur de l’effet, la différence est l’agio, bénéfice de la banque.



LES COMPAGNIES

Introduction - Compagnies  Ibériques - Hollandaises - Anglaises - Autres


Introduction

Après les grandes découvertes du XVIème siècle, les compagnies vont établir des voies maritimes régulières qui relieront le continent aux comptoirs et aux colonies qui s’établissent au-delà des mers, souvent pour des raison économiques, mais aussi pour des questions religieuses.

Les Compagnies Maritimes ont fait leur apparition au XVIème siècle à la suite des grands découvertes au-delà des mers. Elle ont ouvert de grandes voies maritimes ayant un but purement commercial et non encore scientifique comme ce le sera au XVIIIème. Elles auront été d’une très grande importance dans le développement économique des pays maritimes européens mais aussi dans la puissance politique mondiale qu’ils acquerront. Elles sont en effet à l’origine pour les plus importantes de la colonisation des territoires qu’elles exploitaient qui deviennent terres royales à leurs disparition et furent donc à l’origine des empires que se constituèrent les nations maritimes européennes dès le XVIème siècles.

Au XVIème siècle, la flotte vénitienne est hégémonique en Méditerranée. L’Espagne détient une suprématie sur le commerce outre-Atlantique mais sous le règne d’Élisabeth 1ère, l’Angleterre va commencer à lui faire concurrence au point qu’XIXème siècle, c’est elle qui aura conquis cette suprématie et qui deviendra le plus grand empire mondial.


Les Compagnies

Les Compagnies Ibériques

 Les Compagnies Espagnoles

Les compagnies espagnoles et portugaises qui avaient été les premières à ouvrir les voies maritimes commerciales au XVIème siècle restèrent sur leurs acquis au XVIIème siècle (voir Renaissance/ Introduction/Commerce Maritime).

« Le XVIe siècle européen fut le grand siècle ibérique. Amérique, Philippines, Afrique, Extrême-Orient : Espagnols et Portugais ont établi des liaisons maritimes régulières entre l’Europe et ces régions et jeté les bases d’une première économie mondialisée. »

Dans les premières années du XVIème siècle la couronne espagnole organise le monopole du commerce transatlantique avec ses colonies. Séville, située sur le fleuve Guadalquivir, à 90 km à l’intérieur des terres, est le seul port autorisé à commercer avec le Nouveau-Monde.

En 1565, l’Espagne crée la Flotte des Indes, qui établit un pont maritime régulier avec les Indes Occidentales, et Le Galion de Manille établit, lui, un même pont au-delà du Pacifique d’Acapulco (Mexique) aux Philippines. La première flotte perdurera jusqu’en 1790 et la seconde jusqu’en 1860. Ces flottes ramenaient argent, or pierres précieuses, perles, épices, sucre, tabac, soie, bois exotiques, produits alimentaires.


Les Compagnies Portugaises

En 1498, Vasco de Gama avait ouvert la voie maritime des Indes Orientales par le Cap de Bonne Espérance. Dès 1500, une flotte, appelée Carreira da India, faisait régulièrement le commerce entre Lisbonne et Goa. Les marchandises rapportées d’Inde et d’Afrique, propriétés royales, avant d’être expédiées dans les ports de la Flandre, notamment Bruges, étaient stockées dans des entrepôts dont l’administration prit le nom de Casa de Manilla. Ces marchandises étaient les épices, surtout le poivre très recherché, les pierres précieuses, la soie et la porcelaine de chine, le coton d’Inde. L’or des Portugais arrivait aussi d’Afrique par la Côte d’Or, de même que l’ivoire par la Côte d’Ivoire et les esclaves étaient embarqués sur la Côte des Esclaves, trois côtes situées dans le golfe de Guinée

« Grace à leur maitrise de la navigation lointaine et au réseau de comptoirs qu’ils ont constitué, les Portugais assurent la liaison par mer entre l’Europe et l’Inde. Ils se sont également substitués aux intermédiaires arabes sur les routes commerciales de l’océan Indien et ont capté à leur profit une partie des échanges maritimes en Extrême-Orient. »


Les Compagnies Hollandaise


Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales.

En 1602, huit compagnies hollandaises fusionnent pour créer la Compagnie Néerlandaise des Indes Orientales qui est à l’origine du système capitaliste fondé sur la propriété privée et la liberté d’entreprendre. A titre de référence, les colonisateurs espagnols du Nouveau-Monde devaient attendre l’autorisation royale pour constituer une flotte, ouvrir de nouvelles terres (tieraferma) et de nouvelles exploitations (encomienda). De même en France (expéditions vers le futur Canada) et en Angleterre. Dissoute en 1799, cette compagnie néerlandaise aura joué un rôle déterminant dans l’économie financière européenne comme la plus grande entreprise capitaliste (accumulation systématique et systémique du capital productif ou non) à partir d’une recherche constante du plus grand profit financier possible (de la plus grande rentabilité possible). En 1670, la flotte de la compagnie atteindra son apogée avec 107 navires.

Le but des Néerlandais était d’arracher le monopole des mers des Indes aux Portugais. « Ce monopole, concédé pour dix-neuf ans puis renouvelé, permet à la Compagnie de réaliser au XVIIème siècle des bénéfices de 700 % en trafiquant le riz de Java et de Célèbes, les muscades de Banda, les girofles d'Amboine, la cannelle de Ceylan et le poivre » (Encyclopédie Larousse). A partir de 1650, ce sont le coton, la soie, la laque, la porcelaine, le riz, le sucre et le café qui sont exportés. L’instabilité de la situation face à la chine, la corruption de ses agents et la guerre hollando-anglaise (1780-1784) va finir par avoir raison du sort de la compagnie.  Le gouvernement hollandais devra s’acquitter de ses dettes et finira par la dissoudre en 1799.


Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales

La Compagnie Hollandaise des Indes Occidentales est fondée en 1621 par des marchands hollandais qui veulent établir un commerce avec les régions non concernées par celles de la Compagnie des Indes orientales : L’Afrique de l’Ouest, l’Amérique et dans le Pacifique vers la Nouvelle Guinée.

Ses premiers succès sont le fait d’actes de piraterie, notamment sur les navires espagnols chargés d’or et de métaux précieux. (Le corsaire agit au nom de son gouvernement au contraire du flibustier qui agit pour son compte). Le sucre et les fourrures sont importés d’Amérique, l’ivoire, l’or, et les Esclaves d’Afrique.

En 1674, la compagnie qui croule sous les dettes est dissoute. Après avoir dû abandonner plusieurs de ses comptoirs, notamment ceux importants de la côte atlantique ouest, ceux de la Nouvelle-Néerlande. Cette colonie était située entre la Virginie et la Nouvelle-Angleterre. En 1621, l’ecclésiastique et gouverneur Peter Minuit y fonde Manhattan. Elle sera conquise par la Nouvelle-Angleterre. Il ne lui restera alors à la compagnie que les comptoirs du Surinam et de Curaçao. L’année suivante une deuxième compagnie est créée qui limite son activité à l’Afrique et aux Antilles. La Traite des Noirs devient sa principale activité avec des cargaisons en moyenne de 500 esclaves. Elle est dissoute en 1792.


Les Compagnies Anglaises

La Compagnie Britannique des Indes Orientales

Comme nombre d’autres compagnies européennes, cette compagnie était une compagnie à charte, c’est-à-dire dotée d’une charge royale.

« Les Hollandais, les Français et surtout les Anglais ont utilisé cette structure pour coloniser des régions lointaines. Les compagnies sont dotées d'une charte royale (tout en restant des compagnies privées) qui leur donne éventuellement pour tâche de fonder, d'administrer, d'exploiter et de défendre une colonie et qui, en contrepartie, leur assure le monopole du commerce dans une zone donnée ».(Encyclopédie Larousse)


Fondée en 1600, La Compagnie Britannique des Indes Orientales (East India Company ou EIC) commence par établir des comptoirs à Madras, Bombay et Calcutta. Elle arrive à s’implanter face à ces concurrentes, la hollandaise, la portugaise, la française, et face à l’hostilité de mahas radjas grâce d’abord au soutien d’Oliver Cromwell (†1658) qui lui accorde la charte en 1657, de Charles II qui lui accorde des pouvoirs civils mais aussi militaires et enfin avec le soutien de la reine Élisabeth 1ère, qui lui accorde le monopole du commerce. En 1668, Bombay que Charles II d'Angleterre a reçu en cadeau de mariage avec Catherine de Bragance, fille de Jean IV du Portugal est remis à l'EIC. En 1690, Calcutta (Kolkata) fut une autre base importante de l'EIC. Elles  deviendront les points de départ de la conquête des Indes.

En 1760, l’armée indienne de la compagnie dont l’uniforme est bien connu (tunique rouge et grand turban), commandée par Sir Eyre Coote défait les Français à la bataille de Wandiwash et met ainsi fin aux ambitions françaises sur le continent indien par la prise de Pondichéry.

L’expansion de la compagnie correspond aux étapes de la conquête de l’Inde. Le Government of India Act du 2 août 1858 entérine officiellement ce qui était déjà de longue date dans les faits, à savoir que la Couronne avait récupérée dans son giron la compagnie qui de ce fait n’avait plus de raison d’être en tant que telle.


La Virginia Compagny

La Virginia Company of London, également appelée London Company, car ses actionnaires étaient londoniens, a été affrétée par le roi Jacques Ier d'Angleterre en avril 1606. Société de négoce commerciale, elle avait pour but de coloniser la côte orientale de l'Amérique du Nord entre les latitudes 34° et 41° N.

En 1607, la centaine de colons débarqués un an plus tôt fondait la Virginie.

« En 1619, la société a créé la première véritable assemblée législative d'Amérique continentale, l'Assemblée générale, qui a été organisée de manière bicamérale. Elle se composait du gouverneur et de son conseil, nommés par la compagnie en Angleterre, et de la Chambre des bourgeois, composée de deux bourgeois de chacun des quatre arrondissements et des sept plantations. » (Encyclopædia Britannica)

En 1624, de fortes dissensions internes, et avec le roi notamment qui désapprouvait l’intensification du commerce du tabac, produit qu’il considérait nocif, amenèrent le roi a dissoudre la compagnie et à faire de la Virginie une colonie royale.


Compagnie des Aventuriers d'Afrique

La Compagnie des Aventuriers d'Afrique a été fondée en 1666 sous la Restauration (16611688). Spécialisée dans le commerce de produits tropicaux et particulièrement d’épices, elle établissait des comptoirs entre le Cap Blanc de Mauritanie et le Cap de Bonne Espérance. Les aventuriers établissaient aussi des comptoirs à l’intérieur des terres le long de fleuves comme le fleuve Gambie dont le cours traverse, le Sénégal, la Gambie et la Guinée. En 1672, la compagnie croule sous les dettes. Elle est reprise par la Compagnie Royale d'Afrique qui obtiendra et gardera le monopole du commerce jusqu’en 1697, le parlement décrétant le commerce d’Afrique libre.

A ne pas confondre avec la Compagnie des Aventuriers d’Angleterre qui, créée en 1670, deviendra la Compagnie de la Baie d’Hudson qui se spécialisa dans le commerce des fourrures dans cette région.


Les Compagnies Françaises

« À la fin du xvie siècle, comme leurs voisins européens, les Français sont dépendants des Espagnols et des Portugais pour les épices et les autres marchandises venues des Indes orientales. À la suite des Anglais et des Hollandais, les Français, et les Bretons en particulier, tentent alors de remettre en cause ce monopole et d’ouvrir une nouvelle voie en allant eux-mêmes chercher les produits visés directement sur leurs lieux de production. » (Guillaume Lelièvre La course aux épices : Malouins et Vitréens dans l’océan Indien au début du xviie siècle, Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest, tome 125, no 3, 2018)

Au cours du siècle, la France aura créer de très nombreuses compagnies maritimes . La première étant La Compagnie de Rouen pour la Nouvelle-France créée en 1614 par Samuel Champlain (†1674), fondateur de la ville de Québec en 1608, à laquelle succèdera Compagnie de Montmorency fondée en 1621 par  Henri II de Montmorency (†1632), vice roi de la Nouvelle-France ; la dernière étant La Compagnie de Saint Domingue fondée par Louis XIV en 1698 et qui se révèlera une des plus rentables compagnies maritimes d’Europe grâce à l’importation du sucre. En tout, pas moins de 19 compagnies auront été créées au cours du siècle. Six autres suivront au siècle suivant. On peut citer entre autres pour le XVIIème siècle :


La Compagnie des Cent-Associés

La Nouvelle France, autrement dit le Canada, ne comptait officiellement qu’un seul lieu d’habitation, Québec, où ne vivait qu’une cinquantaine d’habitants qu’il fallait d’ailleurs approvisionner depuis le continent (Robert Le Blant La Compagnie de la Nouvelle-France et la restitution de l'Acadie (1627-1636) Outre-Mer. Revue d'histoire Année 1955 146 pp. 69-93 Persée). Jacques Cartier était arrivé au futur Canada un siècle plus tôt (voir Renaissance/Introduction Générale /Sur les mers et Au-delà). Louis XIII voulait persévérer dans cette entreprise pour apporter la vraie religion aux peuplades indigènes.

Le cardinal de Richelieu (†1642), ‘Premier Ministre’ de Louis XIII, fonde en 1627, alors la Compagnie de la Nouvelle-France et nomme douze administrateurs. En 1628, deux à trois cents Français catholiques de tous métiers y seront expédiés pour commencer à peupler la Canada Plusieurs milliers viendront s’installer au fil d’une quinzaine d’année. La compagnie distribuait les terres, nommait les officiers et avait le monopole du commerce des peaux. La pêche demeurait, elle, réservée à l’autorité royale qui conservait sur place un gouverneur. Les Anglais, basé en Nouvelle -Angleterre (n.e ; des actuels Usa Maine, Massachusetts, Connecticut etc.) s’opposant à cette installation, saisirent des navires de renfort et de ravitaillement dès 1627. Malgré un traité en 1629, les visées anglaises se poursuivirent.

L'Acadie est cédée à la France en 1632 par la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye, qui met aussi fin à la colonisation écossaise. La même année, la Compagnie des Cents Associés annonça son intention de s’établir en Acadie (par acte notarié à La Rochelle en présence du Cardinal en personne). L’Acadie s’étendait de la Floride au pôle arctique.


La rivalité entre les grands marchands de fourrure comme Claude de Saint-Étienne de la Tour, Nicolas Denys (grand propriétaire et gouverneur) et les gouverneurs successifs aboutirent à une guerre civile en Acadie. En 1654, l’Anglais Robert Sedgwick, soldat, marchand et colon s’empare de l’Acadie et la renomme la Nouvelle Écosse. La France continue d’accorder des concessions. Sedwick permet à deux anglais Sir Thomas Temple, futur gouverneur, et William Crowne, parlementaire pro-Cromwell de racheter une grande partie des possessions de Claude de Saint-Étienne de la Tour. En 1657, le Traité de Breda va rendre l’Acadie à la France. Une guerre intercoloniale entre la Nouvelle France et La Nouvelle Angleterre va s’étendre sur les dernières année du siècle et celle du suivant favorisée par le Guerre de la Ligue de Augsbourg et la Guerre de Succession d’Espagne. En 1713, l’Acadie redevient Anglaise.


«La Compagnie de la Nouvelle‑France ou Compagnie des Cent‑Associés, comme on l’appelait plus communément, a été formée en France en 1627… Dirigée par 12 administrateurs, elle obtient un droit de propriété sur des terres s’étendant du sud au nord, de la Floride à l’Arctique, et vers l’ouest jusqu’aux confins des terres connues… Elle avait pour objectif de peupler la Nouvelle-France et bénéficiait, en échange, d’un monopole sur presque tout le commerce colonial…Elle a pris des mesures audacieuses, mais a subi de nombreux revers. La Compagnie a été dissoute en 1663. En dépit du faible rendement qu’elle a obtenu sur ses investissements, elle a tout de même contribué à faire de la Nouvelle‑France une colonie viable. » (Citation et base : Encyclopédie Canadienne/Compagnie des-Cents associés).


La Compagnie du Cap-Vert et du Sénégal

En 1658, cette compagnie rachète le monopole du commerce à la Compagnie Normande créée par des marchands rouannais. Elle se consacra essentiellement à la traite des noirs avant de revendre ses parts à la Compagnie des Indes Occidentales qui n’aura que 10 ans d’existence de 1664 à 1674. La Compagnie des Indes Orientales rachètera le monopole. 


La Compagnie des Indes Orientales

Créée en 1664 par Colbert, elle avait pour vocation de commercer sur toutes les côtes passé le Cap de Bon-Espérance. Puissante, elle sera une grande rivale des autres compagnies européennes comme la Compagnie Anglaise des Indes Orientales. Un de ses premiers comptoirs sera Pondichéry qui, concédé en 1673 tombera aux mains des anglais en 1761 après une longue résistance des Français mal soutenus par leur marine.

La compagnie jouera un rôle important dans l’économie française sous Louis XVI. Refondée en 1770 en Compagnie des Indes Orientales et de la Chine, cette compagnie qui avait rapporté de gros profits aux caisses royales sera dissoute sous la Révolution au profit de compagnies privées.


Autres Compagnies

Compagnie suédoise d'Afrique

La Suède n’a eu pour possessions maritimes au XVIIème siècle que la Nouvelle-Suède (côte des états de Pennsylvanie et New York) de 1638 à 1655, et  la Côte-d’Or Danoise de 1650 à 1663 dans le golfe de Guinée. La Compagnie Suédoise d’Afrique est créée en 1674 par le diplomate Laurens de Geer mais avec l’aide des capitaux hollandais et de la Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales qui en 1661 avala la compagnie suédoise. Elle exploitait la Côte de l’Or Suédoise, l’actuel Ghana.


Compagnie danoise des Indes occidentales et orientales

Fondée en 1616 par le roi Christian IV, la Compagnie danoise des Indes Orientales exploitait la côte du Tamil Nadu, côte indienne du Golfe du Bengale. Son commerce était essentiellement le thé. Refondée en Compagnie asiatique en 1732, elle perd son monopole en 1772 et les Indes Danoises entrent dans le giron de la royauté.

La Compagnie danoise des Indes occidentales et de Guinée est créée en 1671 pour le commerce avec les Iles Vierges et s’étend en 1680 pour le commerce avec la Côte-d’Or Danoise, l’actuel Ghana. Elle sera dissoute en 1776 pour raisons financières.


Liste des Compagnies (Wikipédia):

·     1748 : Société d’Angola (compagnie d’Angola) par A. Walsh


La Traite des Noirs

Introduction

La traite d’humains remonte aux plus anciens âges des civilisations. La Traite des Noirs ou Traite Négrière ou Traite des Nègres, qui a perduré depuis l’Antiquité jusqu’au XIXème siècle, concerne la traite de peuples africains amenés captifs soit dans des pays souverains, en d’Afrique c’est la Traite Intra-africaine, au Moyen-Orient c’est la Traite Orientale ; soit embarqués sur les côtes occidentales africaines et débarqués sur des terres colonisées du Nouveau-Monde (Amérique du Nord et du Sud) par les puissances européennes où ces peuples seront rendus à l’esclavage[1], c’est la Traite Atlantique qui s’intensifia au XVIIIème siècle avec 12 millions de déportés. Ce commerce a été fort lucratif pour les compagnies maritimes ; certaines en firent leur principale ‘’marchandise’’. « La traite orientale et la traite intra-africaine ont eu leur apogée au XIXe siècle » (Wikipédia).


C’est l’explorateur Dinis Dias, père de Bartoloméo Dias (premier à passer le Cap de Bonne Espérance en 1488), qui au milieu du XVème siècle, après avoir atteint un cap verdoyant qu’il nomma Cap Ver, pénètra ensuite au Sénégal. Il est le premier, sur ordre d’Henri-le-Navigateur (†1460), fils du roi Joa 1er, à mettre en place le trafic d’esclaves sur les côtes africaines, soit pour les vendre soit pour les faire travailler sur les terres des nouvelles possessions portugaises. A XVIème siècle, les Portugais embarquaient les esclaves sur la Côte des Esclaves (Bénin, Togo) située dans le golfe de Guinée. Mais s’il fut le premier en Europe à pratiquer la Traite des Noirs, le Portugal est le premier pays a avoir aboli l’esclavage en 1761.


En 1770, les Quakers de la Nouvelle-Angleterre rejetteront l’esclavage et en 1777, ils obtiendront sa prohibition dans le Vermont auprès des représentants des tout jeunes États-Unis qui se sont déclarés indépendant un an auparavant. Il faudra quand même attendre 1808 pour qu’ils interdisent la traite atlantique. En 1803, les Danois interdisent la traite sous toutes ses formes. Les Anglais interdisent la traite atlantique en1807. Le Parlement anglais interdit l’esclavage dans tout l’empire en 1833. En France, le décret d’abolition de l’esclavage date de 1848 à l’instigation de Victor Schœlcher.

Les premiers esclaves africains ont été amenés en Amérique au moment où les conquistadors ayant épuisés toutes les ‘ressources’ humaines locales durent faire appel aux négriers. Le dominicain espagnol Bartolomé de Las Casas (1484-1566), resté célèbre pour sa Controverse de Valladolid (1550) rédigea le Mémoire des Quatorze Remèdes où il prône entre autres : la fin des encomiendas, (exploitations où sont regroupés les indigènes pour les travaux agricoles), la réglementation du travail, la fin des travaux forcés, l'envoi de fermiers espagnols avec leurs familles pour exploiter en commun des terres avec les indigènes, et de prendre des Noirs comme esclaves pour compenser la mortalité des indigènes. « Las Casas prendra conscience de son erreur lorsqu'il connaîtra les conditions de la guerre menée en Afrique. Il prendra alors la défense des Noirs aussi bien que des Indios et se repentira jusqu'à la fin de ses jours de cette erreur ».  (Wikipédia/ article).


« Au xvie siècle se met en place le commerce triangulaire. Chargés en Europe, des armes, de l'alcool, de la verroterie et des textiles sont échangés en Afrique contre des captifs. Devenus esclaves dans les plantations, ils produisent des matières brutes (sucre, tabac, cacao, indigo, coton), transformées puis commercialisées en Europe. Souvent avec l'aide des royaumes côtiers de l'Afrique, les Européens rassemblent les captifs dans les forts de traite. Les navires négriers traversent l'Atlantique en deux mois environ, chargés de trois cents à cinq cents captifs » (Encyclopédie Universalis).


Le Cadre Noir

C’est sous Louis XIII dit Le Juste, qu’avait commencé en 1633 la Traite des esclaves pour les Antilles. En France, Louis XIV promulgue en 1685 une ordonnance (en fait un édit son application étant locale au contraire de l’ordonnance qui s’applique dans tout le royaume) dite Code Noir. Cette ordonnance réglemente la pratique de l’esclavage aux Antilles, en Louisiane et en Guyane. Elle traite des us, des coutumes, de la police mais surtout du (non) statut juridique des esclaves qui sont transmis en héritage ; ne possèdent rien, ils peuvent être vendus ou loués. L’esclave peut faire du commerce avec l’autorisation de son maître. Le maitre peut épouser une esclave mais ne peut pas en faire sa concubine. Il doit défendre son esclave devant la justice. Les esclaves baptisés reçoivent une sépulture chrétienne. L’esclave ne doit plus être torturé et doit être nourri suffisamment.


Esclavage en Virginie

Dès le premier moitié du XVIème siècle existait déjà l’esclavage au Nouveau-Monde. En Amérique du Sud, des esclaves étaient amenés du Nicaragua pour travailler dans les mines d’or du Pérou. En Amérique Centrale, des esclaves d’Afrique également, éraient amenés pour remplacer dans les encomedia (exploitations) quand la population indigène devenue après extermination et mauvais traitements pas suffisamment nombreuse. Bartoloméo des Las Casas adressa en 1516 au Cardinal Cisneros, alors régent et dont sait la répression farouche qu’il exerça contre les juifs et les musulmans, un Mémoire des Quatorze Remèdes, dans lequel il écrit être favorable à ce que les esclaves africains viennent remplacer les indigènes. Ce dont il se repentira pour le restant de sa vie. Il prendra ensuite la défense des esclaves indigènes et africains. Au Mexique, en 1545, il demandera en vain la libération des esclaves. La même année, dans le livre III de son Histoire des Indes, il prendra la défense d’un couple d’esclaves affranchis du Nicaragua.

En Amérique du Nord, c’est en Virginie, en 1619, qu’un navire hollandais amène les premiers esclaves africains. William Berkeley, gouverneur de Virginie, intensifia la Traite des Noirs. En 1662, sous La Restauration Anglaise, La loi virginienne sur l'esclavage stipule la transmission du statut d’esclave de mère en fils. Pourquoi par la mère ? Pour dissuader les accouplements maitres-esclaves. Jusqu’alors, un métis pouvait être libre.


Notes


  [1] L’esclavage est une pratique qui remonte à des temps immémoriaux. Au Moyen-âge, l’Église ne condamne pas l’esclavage. Le Pape l’autorise au roi du Portugal pour l’Afrique. Mais « l’organisation sociale chrétienne composée de frères ne peut se concilier avec l’esclavage, que remplace peu à peu le servage, dépendance personnelle et héréditaire… dans ces conditions, le vieux mot latin ‘servus’ finit par perdre son antique sens d' “esclave“ pour désigner celui qui est lié à la terre ou à un seigneur par des obligations relativement limitées : le serf. C'est alors qu'apparaît, dans le latin médiéval (Xème siècle), le mot ‘sclavus’, qui donnera, au 13ème siècle, le terme ‘esclave’, et qui est une autre forme de ‘slavus“, rappelant que les populations slaves des Balkans fournissaient, au Moyen Âge, l'essentiel des masses serviles en Occident ».(http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/esclavage/49330)

 




SCIENCES

Introduction - Les Inventions - La Médecine


Introduction

La révolution scientifique apportée par le XVIIème siècle pourrait tenir en cette phrase de Galilée (1564-1642) : « L'univers est écrit en langue mathématique ». Elle signe  l’entrée de la science (moderne) dans l’histoire de la civilisation européenne. Elle marque une définitive rupture avec la théologie et oriente la philosophie de la nature sur la voie proprement scientifique qui la détache de tout ce qui en son approche du monde physique pouvait encore la rattacher à la théologie naturelle dont la visée était la connaissance de Dieu à travers la nature, par l’expérience sensible.

  • Le procès de Galilée en 1633, au cours duquel bien que condamné, l’astronome italien prononça son fameux : « Et pourtant, elle tourne. »,
  • Le Discours de la Méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences de R. Descartes en 1637,
  • Le traité d'Isaac Newton de 1687, Principes Mathématiques De La Philosophie Naturelle dans lequel le scientifique « applique « les lois mathématiques à l'étude des phénomènes naturels » (J-C-F Hœefer) et expose la loi de la gravitation, 

sont les trois grands moments de cette révolution qui a définitivement engagée la philosophie naturelle sur une voie qui lui devient propre, celui de la science, terme qui sera désormais appliqué à toute forme d’investigation de la nature usant de l’observation, de la mesure, de la quantification et de l’expérimentation. La recherche de la connaissance (étymologiquement la science) doit se faire sur des bases rationnelles et empiriques. Elle s’applique donc aux mathématiques, à la physique et chimie, à l’astronomie, la botanique, l’optique, la musique (en tant que science mathématique elle était partie intégrante de quatre des sept arts libéraux médiévaux, le quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie et musique).

La Révolution galiléenne repose en fait non pas tant sur l’inversion géocentrique-héliocentrisme mais que l’affirmation que la terre tourne autour du soleil et non l’inverse est de résultat de l'observation, du calcul et de l'expérience.


Les Inventions

Selon Grégoire (normalien, agrégé de sciences physiques, docteur en physique théorique, enseignant de physique-chimie en classe préparatoire) in Livre et sciences (https://livresetscience.wordpress. com/2018/09/10/les-8-plus-grandes-inventions-du-xviie-siecle) ont été inventés au XVIIème siècle :


  • La calculatrice mécanique (1623), la Speeding Clock : «inspiré par les bâtons de Napier, Wilhelm Schickard conçoit un système mécanique appeler « horloge à calculer » permettant d’effectuer des opérations élémentaires sur des nombres à six chiffres. » A noter :Envoyée à Kepler, elle lui aurait permi de faire le calcul des éphémérides (astrologie).
  • Le baromètre (1643) : « Torricelli inventa en 1643 un tube qui portera son nom et qui permettra de réaliser des mesures de pression. Un tube de verre fermé à l’une de ses extrémités est rempli de mercure et plongé dans une cuvette remplie de mercure également. La pression à la surface de la cuve est égale à la pression atmosphérique et sa valeur diminue progressivement à mesure que l’on monte dans le tube.»
  •    La pompe à vide (1650) : « L’Allemand Otto von Guericke cherchait à réaliser le vide dans une bombonne. Ses tentatives d’extraire l’air directement restaient infructueuses lorsqu’il eut l’idée géniale de commencer par la remplir d’eau avant de la vider à l’aide d’une pompe aspirante ne laissant pas passer d’air. La pression extérieure qui n’était plus compensée par la pression intérieure avait tendance à écraser le récipient. Guericke opta alors pour une forme de bombonne la plus sphérique possible afin de minimiser les contraintes. »

       A noter qu’en 1654, Guericke, maire de Magdebourg, poursuivit ses recherches et en 1654 l’expérience qu’il fit avec les Hémisphères (ou Ballons) de Magdebourg démontrera l'existence du vide et la 
        notion de pression de l'air : Il assembla deux ballons (environs 50cm de diamètre) dont l’un était muni d’une valve reliée à la pompe à vide. L’air aspiré, le vide créé, les ballons étaient fermement   
        maintenus l’un à l’autre par la…pression de l’air extérieur.

  •    L'horloge à pendule (1656) : « Au début du siècle, Galilée avait remarqué que la période d’oscillation d’un pendule était indépendante de l’amplitude du mouvement. En 1656, l’astronome néerlandais Huygens utilisa cette propriété pour fabriquer des horloges de précision. Avec un pendule d’un mètre de long, la période des oscillations approche 2 secondes avec un décalage moyen réduit à 20 secondes par jour, ce qui est remarquable pour l’époque.
  •    L'autocuiseur (1679) : « Denis Papin raconte que pendant la première démonstration de son « Digesteur », il vit l’appareil exploser au bout de quelques minutes. Il revint quelques jours plus tard avec un ajout astucieux : une soupape de sécurité permettant de contrôler les augmentations de pression trop brusques. Grand succès : les aliments cuits à haute pression devenaient fondants et leur goût était sublimé. »
  • Le métronome (1696) : « Un support de bois, une tige munie d’un poids mobile oscillant à la manière d’un pendule : le métronome est né ! Plus le poids est bas, plus le mouvement est rapide. Ludwig van Beethoven sera le premier à utiliser l’instrument comme référence de tempo en 1817
  •    La pompe à vapeur (1698) : « Un des plus grands dangers lié à l’exploitation minière est l’inondation. L’ingénieur militaire Thomas Savery développa une machine permettant d’éviter d’écoper l’eau fastidieusement avec un seau. Un récipient est rempli d’eau et de la vapeur d’eau sous pression est injectée par en dessous ce qui chasse l’eau liquide vers le haut. Lors de la condensation un vide se crée alors dans le récipient. En tirant un tuyau de la machine jusqu’au fond de la mine, on aspire ainsi l’eau du puits.


Autres inventions du siècle

On doit à Gerbert d'Aurillac (945-1003) qui devint pape sous le nom de Sylvestre II en 999 et qui par ailleurs inventa le boulier introduisit les chiffres arabes en Europe ;.à l’Allemand Johann Widmann (1462-1498), le signe + et le signe - . On utilisait p (piu) et m (minus) ; u Gallois Robert Recorde (1512-1558), le signe = ;


Aux Hollandais Jansen père et fils, en 1590, le premier microscope composé de deux lentilles convexes (l’une servant d’objectif grossissant, l’autre d’oculaire). Mais c’est Antoni Van Leeuwenhoek (1652-1723), drapier à l’origine, qui est considéré comme le père de la microscopie par ses observations sur les bactéries et les protozoaires(1668) ; à l’Anglais Thomas Savery (1650 - 1715), la pompe à vapeur (1688).


Il est généralement reconnu que  Hans Lippershey, opticien-verrier et fabricant de lentilles, hollandais d'origine allemande, serait le premier à avoir décrit le concept de la longue-vue duquel dériveront ceux de la lunette astronomique et du télescope. Mais, il est à noter que « Le télescope fit son apparition aux Pays-Bas. En octobre 1608, le gouvernement de La Haye examina une demande de brevet pour un dispositif permettant de « voir les objets lointains comme s'ils étaient proches ». Il s'agissait d'une lentille convexe et concave dans un tube. Cette combinaison permettait de grossir les objets trois ou quatre fois. Le gouvernement jugea l'appareil trop facile à copier et ne délivra pas de brevet. Il accorda néanmoins une petite récompense à Jacob Metius et engagea Hans Lipperhey pour la fabrication de plusieurs versions de jumelles, pour lesquelles il fut grassement rémunéré. » ( https://history.aip.org › tools › tools-first-telescopes)

Jacob Metius était fabricant d’instrument et spécialisé dans le polissage des lentilles optiques. Son nom est associé à celui de Lippershey. Le brevet présenté aux États Généraux (gouvernement) de La Haye (capitale des Provinces-Unies) était-il le résultat d’une collaboration ?



Selon https://galileo.library.rice.edu/sci/instruments/telescope.html) « En octobre 1608, les États Généraux (le gouvernement national) de La Haye examinèrent les demandes de brevet d'abord de Hans Lipperhey de Middelbourg, puis de Jacob Metius d'Alkmaar, pour un appareil permettant de « voir les choses lointaines comme si elles étaient proches ». ls accordèrent une petite récompense à Metius et chargèrent Lipperhey de fabriquer plusieurs versions de jumelles. »

Galilée n'a pas inventé le télescope, mais il conçut et construisit des télescopes avec un pouvoir grossissant de plus en plus élevé.


Selon Calcul Québec (https://www.calculquebec.ca/vitrine/histoire/):

A l’Italien Bernado Perrotto (francisé en Bernard Perrot 1640-1709), la coulée du verre sur plateau permettant la fabrication de miroirs de grandes dimensions (1680) jusqu’alors soufflés en manchon, et le verre rouge (rouge rubis)

A Melchisédech Thévenot (1620-1692), auteur du premier traité de natation, le niveau à bulle d’air (1661) ; à Dom Pérignon le champagne (1688) ;

A Edme Mariotte (1620-1684), la découverte du point aveugle de l’œil et quelques années après l’Irlandais Robert Boyle (1627-1691) la loi sur les gaz (volume et pression inversement proportionnels).


« En 1635, Blaise Pascal effectue ses premiers calculs sur la Pascaline, la première machine de calcul mécanique opérationnelle, qui était capable d’effectuer des additions et des soustractions (cette seconde opération était toutefois difficile à effectuer).

Si Pascal a inventé le premier transport en commun, on doit au Comte de Villayer Jean-Jacques Renouard (1607-1691), Conseiller d’État l’invention en 1653 des boites aux lettres municipale relevées par des facteurs à Paris, les bureaux de poste existaient déjà. 

En 1673, Gottfried Wilhelm Leibniz fabrique la Stepped Rec

koner, la première machine capable non seulement d’additionner et de soustraire, mais également de multiplier et diviser. Seulement deux exemplaires de cette machine ont été construits. Leibniz est aussi l’inventeur du système binaire (base 2) qui est utilisé dans tous les ordinateurs modernes. »

En 1676, l’astronome danois, Ole Christensen Romer qui travaillé à l’observatoire de Paris en 1671, est le premier à mesurer la vitesse de la lumière à partir de l’observation des éclipses du satellite de Jupiter, IO.


En 1687, Denis papin(1647-1712) donne la première description d’une machine à vapeur « qui fonctionne par le jeu alternatif d’un piston dans un cylindre. De l’eau est introduite dans le cylindre, qui est chauffé. La vapeur d’eau ainsi produite pousse le piston vers le haut, et une tige permet de le bloquer à une certaine hauteur. En refroidissant, la vapeur d’eau se condense et du vide se crée alors dans le cylindre. » (https://gallica.bnf.fr/essentiels /repere/machine-vapeur-1687)

A noter que papin améliorait ainsi la machine à poudre à cylindre du scientifique hollandais Christian Huygens dont il était l’assistant comme il l’a été aussi du scientifique irlandais Robert Boyle (voir Philosophie/ les Philosophes de La Nature).

En 1690, il met au point le principe de la machine à vapeur à piston.


Dans le domaine militaire, au début du XVIIe siècle, la cartouche fut inventée. La balle du mousquet était placée dans un récipient contenant la quantité de poudre nécessaire au tir. Le soldat n'avait plus besoin de doser la poudre d'une corne à poudre dans son fusil.

La baïonnette est inventée en 1680. Fixée au mousquet, elle était utilisée comme pique  si nécessaire entre deux recharges de poudre. Elle rendit quasiment inutile la présence d’un piquier auprès du mousquetaire. Auparavant l’usage était qu’un piquier accompagne deux mousquetaires et les défende pendant leur recharge. L'armée britannique commença à utiliser des grenades en 1677.


La Médecine

Il existe encore au XVIIème siècle, une hiérarchie bien établit entre ceux que l’on appellerait aujourd’hui les professionnels de santé. En haut de l’échelle, les plus considérés sont les médecins qui soignent les maux internes et qui n’ont que mépris pour les chirurgiens qui n’on pas fait d’études, ont appris leur pratique sur le tas et ne soignent que les maux externes.

« En effet, les médecins suivent des études universitaires, soutiennent une thèse de doctorat, portent robe et bonnet carré et ne délivrent leurs diagnostics qu’en latin. À l’inverse, les chirurgiens restent des artisans, assez proches des barbiers et des rebouteurs. » ( Jean-François Belmonte Les rivalités entre les chirurgiens et les médecins au XVIIe siècle in Métiers et gens de métiers en Roussillon et en Languedoc, XVIIe-XVIIIe siècles PUF Perpignan 2009)


Viennent ensuite les préparateurs de potions et autres mixtures. En bas de l’échelle, les barbiers qui soignent les plaies, font les pansements, arrache les dents et rasent aussi. Sous Saint Louis (†1270) avait été fondé la Confrérie de Saint-Côme et de Saint-Damien qui regroupait les chirurgiens à robe longue qui se distinguaient ainsi des chirurgiens à robe courte, les barbiers.

« En 1656, la confrérie des chirurgiens à robe longue fusionne avec la confrérie des barbiers, mais les activités de ces derniers sont limitées (raser, saigner et accoucher). » La confrérie va former les chirurgiens selon un enseignement théorique et pratique qui, de fait, ne sera plus acquis par l’assistanat d’un chirurgien plus ancien. On obtient le titre de maître chirurgien après deux ans d’études. Le chirurgien tenait boutique de barbier. De 1691 à 1694, face à l'affluence d'élèves, la confrérie obtient un terrain du couvent des Cordeliers, et y élève l'amphithéâtre d'anatomie de Saint-Cosme».


En 1611 Santorio Santorio, (†1636), un des grands noms de la médecine italienne, invente le thermoscope, ancêtre du thermomètre, un appareil capable de mesurer la température du corps humain.

En 1628, Willian Harvey (voir Philosophie de La Nature) publie Exercitatio anatomica de motu cordis et sanguinis in animalibus dans lequel il démontre la circulation sanguine.

« Il démontre la communication entre les différentes parties de l'appareil circulatoire, le rôle primordial du cœur et réfute les vieilles conceptions sur la fonction du foie. Il décrit la musculature du cœur et explique son fonctionnement comme celui d'une pompe aspirante et foulante. » (Encyclopédie Universalis)


Nouveau titre